Un ballon de l'EFPL mesure la qualité de l'air à Sembrancher (VS)

Une équipe de scientifiques de l'EPFL a pris ses quartiers à Sembrancher (VS) pour quelques ...
Un ballon de l'EFPL mesure la qualité de l'air à Sembrancher (VS)

Un ballon de l'EFPL mesure la qualité de l'air à Sembrancher (VS)

Photo: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Une équipe de scientifiques de l'EPFL a pris ses quartiers à Sembrancher (VS) pour quelques jours. A l'aide d'un ballon à hélium, elle effectue des mesures de l'air dans la vallée alpine avant de poursuivre l'expérience vers des lieux moins hospitaliers.

Avec ces 45 mètres cubes, le ballon qui flotte très haut au-dessus de la commune valaisanne, passe difficilement inaperçu. 'Il peut monter jusqu'à 800 mètres, soit la longueur de la corde qui le retient au sol', explique Roman Pohorsky, doctorant au sein du laboratoire de recherche en Environnements Extrêmes de l’EPFL.

L'engin qui monte et descend dans l'atmosphère transporte une caisse blanche qui contient différents outils de mesure. Par ce biais, le scientifique qui planche depuis huit mois sur le projet tente de définir la composition 'des couches d'inversion', soit l'air froid qui reste proche du sol et les échanges avec les couches d’air au-dessus. Cette prise de hauteur permet de récolter des profils verticaux, aujourd'hui manquants.

Cette recherche est importante dans la mesure où les particules de pollution sont plus facilement emprisonnées dans ces zones d'inversion, explique la responsable du laboratoire Julia Schmale. 'Grâce à cette installation, nous souhaitons comprendre comment ces particules se comportent, comment elles s'accumulent et se diluent, afin de modéliser leur concentration, selon les changements météorologiques', ajoute la professeure.

Les particules fines

Selon les conditions de vent, le ballon peut emporter entre 15 et 40 kilos de matériel dans son caisson. Une partie des données récoltées est directement envoyée sur l'ordinateur de la petite équipe, installé dans une tente jaune au coin du stade de foot, le reste est récupéré manuellement. Parmi les mesures réalisées figurent la température, l'altitude, l'humidité de l'air mais aussi les taux d’ozone et de particules fines, au coeur de ses travaux.

Le phénomène d’inversion est amplifié durant la saison d’hiver et dans les fonds de vallées, indique Julia Schmale. 'Notre choix s'est ensuite porté sur Sembrancher pour des raisons pratiques comme la proximité avec le labo qui est à Sion. Nous cherchions aussi un endroit un peu protégé, loin du trafic aérien'.

L'expérience à Sembrancher fait surtout figure de ballon d'essai pour de futures expéditions. 'Nous testons tout le matériel et apprenons à connaître notre système', souligne encore la chercheuse qui souhaiterait effectuer des mesures similaires en Arctique et Antarctique. Cette région alpine leur permet donc de se mettre en condition pour des lieux moins hospitaliers, 'où il n'est pas possible de courir dans un magasin pour y acheter des vis en cas de besoin', relève la professeure en riant.

/ATS
 

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