Trafic de stupéfiants: la répression porte ses fruits à Genève

La politique de répression contre le trafic de stupéfiants porte ses fruits à Genève. Le marché ...
Trafic de stupéfiants: la répression porte ses fruits à Genève

Trafic de stupéfiants: la répression porte ses fruits à Genève

Photo: Keystone

La politique de répression contre le trafic de stupéfiants porte ses fruits à Genève. Le marché de l'héroïne est devenu moins attractif entre 2011 et 2015. La réorganisation introduite il y a cinq mois à la faveur de Police 2015 produit aussi ses premiers effets.

Pierre Maudet, chef du Département de la sécurité et de l'économie, a tiré un bilan positif jeudi des actions menées depuis 2011 par la police genevoise en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants. Cette année-là, Genève était en passe de devenir la plaque tournante de distribution d'héroïne pour la Suisse romande et une partie de la France avec un prix trois moins cher, a-t-il rappelé.

Opération Hydra

L'opération Hydra (déstabilisation des réseaux et diminution de l'attrait de Genève sur le marché de l'héroïne) a permis d'obtenir de bons résultats, a relevé la cheffe de la police Monica Bonfanti. Entre le 1er avril 2011 et le 24 juin 2015, 2149 trafiquants albanais ont été arrêtés en flagrant délit, 9073 consommateurs français et 475 suisses interpellés et 191 kilos d'héroïne saisis.

Les délits connexes commis par les consommateurs d'héroïne en vue de se procurer de l'argent sont en baisse de 56% pendant cette même période. Cela montre l'impact de l'augmentation de la présence policière sur ce milieu. Mais les opérations doivent durer des années et non quelques mois, a noté Mme Bonfanti.

Meilleure coordination

Sur la base des bons résultats d'Hydra et dans le cadre de la réforme Police 2015, un nouveau concept opérationnel a été mis en place depuis le début d'année. Son but: démanteler les réseaux criminels, désorganiser les gestionnaires et leur logistique, dissuader les dealers de rue mais aussi les acheteurs et diminuer le sentiment d'insécurité.

Le processus permet d'éviter la dispersion des forces en présence en priorisant et fixant les actions, a expliqué Fréderic Buchs, chef de la section 'voie publique et stupéfiants'. Il vise une meilleure coordination entre tous les acteurs de la police grâce au partage de l'information: de la brigade des stupéfiants au corps des garde-frontières et à la brigade des chiens en passant par la police de proximité, la brigade financière ou la brigade aéroport.

50% de trafic en moins

De nouveaux outils ont été mis sur pied pour améliorer l'efficacité: grâce une cartographie en temps réel, les policiers peuvent identifier les zones de deal. On ne gaspille pas une minute, souligne M.Buchs. Cela donne aussi du sens au métier, estime-t-il.

Ce dispositif engendre déjà des résultats concrets. Au début de l'année, le nombre de trafiquants a été recensé dans cinq zones de deal de Genève. Ils étaient 100 au Pâquis, un nombre considérable, a expliqué M.Buchs.

Les autres scènes étant moins touchées, les contrôles de police ont été renforcés et ciblés de manière plus précise dans ce quartier. Bonne surprise, en cinq mois, les activités des trafiquants ont diminué de moitié et la police n'a pas constaté de report dans d'autres lieux.

Pas une fatalité

'Même si on a parfois l'impression d'écoper le lac avec un dé à coudre, la drogue n'est pas une fatalité. On a un concept opérationnel qui permet de la combattre efficacement, a relevé Pierre Maudet. Le conseiller d'Etat en veut pour preuve les treize kilos d'héroïne saisis ce printemps à Malagnou, tout comme 6,5 kg de cocaïne et des dizaines de kilos de khat récemment confisqués à l'aéroport.

La politique des quatre piliers (prévention, thérapie, réduction des risques et répression) le Conseil d'Etat la soutient, a-t-il rappelé. Mais après 20 ans, chacun d'entre eux doit être réinterrogé.

Le domaine de la répression n'échappe pas à cette réflexion. Selon lui, tout projet de régulation de la consommation de produits illicites, comme par exemple le cannabis, ne saura faire l'économie d'un volet répressif fort, notamment pour protéger les mineurs.

/ATS


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