Tous les acteurs sont impliqués dans la prévention du terrorisme

Tous les acteurs, de l'enseignant au policier, doivent être impliqués dans la prévention du ...
Tous les acteurs sont impliqués dans la prévention du terrorisme

Tous les acteurs sont impliqués dans la prévention du terrorisme

Photo: KEYSTONE/AP/KAMIL ZIHNIOGLU

Tous les acteurs, de l'enseignant au policier, doivent être impliqués dans la prévention du terrorisme. Chaque canton est appelé à instaurer une autorité pour la réintégration des personnes radicalisées. Berne a lancé lundi un plan d'action national.

Le Conseil fédéral va adopter un programme d'une durée de cinq ans pour la mise en oeuvre du plan. Cinq millions de francs devraient être investis pour soutenir des projets développés au niveau cantonal ou communal, ou lancés par la société civile.

La prévention nécessite une détection et une intervention précoces, souligne le gouvernement. Le plan, qui s'inscrit en complément des initiatives déjà lancées, contient 26 mesures, dans lesquelles les cantons et les communes sont appelés à jouer un rôle clé. Le Réseau national de sécurité est chargé de coordonner le transfert des connaissances et des expériences et d'assurer le suivi.

Réintégrer

Un pool d'experts nationaux devrait pouvoir aider cantons et communes à désengager et réintégrer les personnes radicalisées. Chaque canton devrait désigner une autorité pour la prise en charge de ces individus hors procédure pénale. Des conseils devraient être donnés aux professionnels confrontés à des situations concrètes pour accompagner les proches.

Les cantons devraient parallèlement développer une gestion interinstitutionnelle de la menace. Conduite par la police, cette approche vise à détecter à un stade précoce le potentiel de danger de personnes ou de groupements déjà connus des forces de l’ordre.

Enseignant et entraîneur

La détection à un stade précoce n'est pas seulement policière. Les enseignants et les entraîneurs sportifs jouent un rôle important dans le développement de la personnalité. Dans le cadre scolaire, comme extra-scolaire, le plan d'action recommande de développer des moyens didactiques, du matériel pédagogique et des projets liés aux thèmes de la radicalisation et de l’extrémisme violent.

Des interventions ciblées peuvent être envisagées auprès des jeunes en situation difficile. Des contre-discours à la propagande devraient être proposés sur Internet.

Sensibilisation

Les milieux de l’éducation, des affaires sociales et de la jeunesse doivent être sensibilisés et se voir proposer des formations et des perfectionnements appropriés. Ils doivent avoir la possibilité de s’adresser à un service spécialisé au besoin.

Les personnes accompagnantes dans un contexte religieux et celles en charge des requérants d'asile doivent aussi être sensibilisées. Idem des responsables d’associations culturelles et de loisirs. Il revient à chaque canton et commune en fonction de ses spécificités de définir les services de conseil appropriés.

Echange d'informations

Le plan d'action propose également d'encourager les études sur la radicalisation, d'institutionnaliser la collaboration entre l'Etat, les associations de migrants, de sports, de jeunes et de femmes, les professionnels, les oeuvres d'entraide et les organisations actives dans le domaine religieux. Le dialogue interreligieux peut être soutenu par les cantons et les communes.

Les échanges d'informations doivent être facilités. Une base légale doit encore être créée au niveau national. Chaque canton doit quant à lui examiner en collaboration avec son préposé à la protection des données dans quelle mesure l'échange d'information peut être garanti.

Trois volets

Le plan d'action est le deuxième volet du programme du Conseil fédéral contre le terrorisme. Le premier volet, mis en consultation en juin, précise quels sont les actes interdits et quelle est la peine encourue.

La Suisse devrait interdire le recrutement, l'entraînement et le voyage en vue d'un acte terroriste. Les peines maximales pour participation et soutien à des organisations terroristes devraient être relevées. La collaboration avec l'étranger devrait en outre être améliorée.

Le prochain volet portera sur les mesures de prévention policière. Il s'agirait de pouvoir obliger les personnes à risque à se présenter auprès d'une autorité, de les assigner à résidence ou de leur interdire certains contacts, de pénétrer dans une région déterminée ou de sortir du territoire.

/ATS
 

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