Toujours plus de médecins femmes et étrangers en Suisse

La santé de la population suisse est toujours plus aux mains des femmes et des étrangers. Et ...
Toujours plus de médecins femmes et étrangers en Suisse

Toujours plus de médecins femmes et étrangers en Suisse

Photo: Keystone

La santé de la population suisse est toujours plus aux mains des femmes et des étrangers. Et, sans surprise, il vaut mieux tomber malade en ville qu'à la campagne, surtout si l'on doit recourir à un spécialiste. Tel est le tableau tiré de la statistique médicale 2015.

La tendance des dernières années s'est confirmée en 2015. Pour la Fédération des médecins suisses (FMH), qui publie mercredi dans son bulletin hebdomadaire la statistique médicale 2015, l'augmentation du nombre de places d'études est primordiale si l'on veut continuer d'assurer la prise en charge médicale à long terme. Un constat qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de l'an dernier.

Selon la FMH, 35'325 médecins exerçaient en Suisse en 2015. Ce sont 977 (2,8%) de plus que l'année précédente, dont une majorité de femmes. Celles-ci demeurent moins nombreuses au total, soit 40,4%, mais si la tendance se poursuit, on n'est plus loin de la parité. Ainsi, les femmes sont même déjà majoritaires parmi les médecins de moins de 40 ans.

Entre 2010 et 2015, le nombre de femmes médecins a augmenté de 31,6% pendant que celui des hommes ne croissait que de 8,4%. Les disciplines choisies diffèrent beaucoup selon le sexe.

La chirurgie aux hommes

On trouve ainsi le plus grand nombre de femmes médecins dans les disciplines telles que la psychiatrie, la psychothérapie pour enfants et adolescents, la pédiatrie et la gynécologie-obstétrique. Dans ces spécialités, six médecins sur dix sont des femmes.

La chirurgie reste en revanche la chasse gardée des hommes. En particulier dans la chirurgie orale et maxillo-faciale, la chirurgie thoracique et la chirurgie orthopédique, neuf médecins sur dix sont des hommes. Sans préciser si c'est dû à la discipline, la statistique laisse en outre apparaître que le taux d'occupation hebdomadaire moyen des femmes médecins est inférieur à celui de leurs homologues masculins, soit 7,6 demi-journées contre 9,4.

Villes-campagnes

Les disciplines ne sont pas non plus réparties également entre les différentes régions du pays. Ainsi, dans les centres urbains, la densité de spécialistes est près du double de celle des médecins de premiers recours, alors que, dans les communes rurales, la densité de médecins de premier recours dépasse celle des spécialistes.

De manière générale, la densité médicale est plus élevée en ville que dans les campagnes. La statistique constate par exemple que les plus fortes densités se trouvent dans les cantons de Bâle-Ville (10 médecins pour 1000 habitants), Genève (6,2) et Zurich (5). A l'opposé, Uri, Appenzell Rhodes-Intérieures et Obwald n'en comptent respectivement que 1,6, 1,8 et 2,1 pour 1000 habitants.

Diplômes étrangers

L'évolution des dernières années s'est confirmée en 2015 s'agissant du nombre de médecins au bénéfice de diplômes étrangers. Alors qu'on avait une chance sur quatre d'être soigné par un médecin étranger en 2010, on en avait plus qu'une sur trois en 2015. On les trouve davantage dans les hôpitaux que dans le secteur ambulatoire et ils proviennent avant tout des pays voisins, d'Allemagne en particulier.

Si, aujourd'hui, la prise en charge médicale de la population peut être garantie grâce au personnel étranger, il faut tenir compte de l'évolution démographique, des progrès médico-techniques et de l'augmentation du nombre de maladies chroniques pour garantir à long terme le fonctionnement du système de santé, écrit la FMH. Comme l'an dernier, la fédération juge impératif d'augmenter le nombre de places d'études.

Espoirs sur la formation

Et la FMH de se réjouir que le Conseil fédéral entend y participer à hauteur de 2100 millions de francs pour la période 2017-2020. Une étape cruciale pour pallier la pénurie de médecins en Suisse, selon elle.

Autre source de satisfaction, l'annonce mardi par la Haute Ecole spécialisée de Lucerne d'une hausse spectaculaire du nombre d'inscriptions aux études de médecine. Jamais encore autant d'étudiants n'avaient débuté la formation. Ils sont 120 ce printemps, soit 40% de plus que l'an dernier, a indiqué la HES.

/ATS


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