Prison à vie pour avoir assassiné l’amant de sa femme

Le Tribunal criminel d'arrondissement de Lausanne a reconnu coupable d'assassinat un Sri-Lankais ...
Prison à vie pour avoir assassiné l’amant de sa femme

Prison à vie pour avoir assassiné l’amant de sa femme

Photo: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Le Tribunal criminel d'arrondissement de Lausanne a reconnu coupable d'assassinat un Sri-Lankais qui a poignardé à mort l'amant de sa femme. Il a été condamné à l'emprisonnement à vie et sa peine a été assortie d'une mesure d'internement.

Ce père de famille de 49 ans a assassiné l'amant de son épouse à coups de couteau en février 2018 à l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM) d'Ecublens. A l'énoncé du verdict, l'homme est apparu sombre. 'Il est en réalité abasourdi', a relevé son avocat Michaël Aymon.

Son client, père de trois enfants, a été reconnu coupable d'assassinat, de lésions corporelles simples qualifiées, d'injure, de menaces qualifiées, de délit manqué de contrainte aux dépens de son épouse et d'instigation à tentative d'assassinat à l'encontre d'un précédent amant de sa femme.

Réquisitoire fleuve et sévère

Le condamné écope exactement de la peine requise par le Ministère public. La défense s'était offusquée de cette sévérité allant au-delà du plafond de 20 ans prévu par le Code pénal suisse. Elle avait plaidé le meurtre passionnel et sept années de prison ferme.

'Je vais évidemment faire appel de cette condamnation auprès du Tribunal cantonal. Les circonstances atténuantes inhérentes à ce drame ont été balayées d'un revers de main', a affirmé Me Aymon.

Pour la présidente du Tribunal, 'l'accusé a agi de manière réfléchie avec une glaciale détermination par égocentrisme, animé par la perte du paraître aux yeux de la communauté tamoule. Il ne se trouvait pas dans un profond désarroi lorsqu'il a asséné à sa victime six coups de couteau avec une force inouïe. Il s'est exécuté comme un boucher', a-t-elle dit. Et d'ajouter: 'son acte est atroce et lâche. Il s'en est même vanté en se frappant fièrement sa poitrine juste après les faits.'

La présidente du Tribunal a déploré une 'intention d'homicide planifié de longue date' dans laquelle 'rien n'avait été laissé au hasard', une 'culpabilité écrasante' et une 'attitude arrogante attestant d'une totale absence de prise de conscience'. Le condamné avait en effet aussi menacé plusieurs fois de 'planter' sa victime.

Un inquiétant précédent

Une expertise psychiatrique avait souligné 'l'absence de pathologie psychiatrique' de l'accusé tout en mettant en garde contre un 'risque de récidive accrue'.

La présidente a aussi rappelé qu'une récente enquête prouve que l'homme avait déjà tenté, il y a 8 ans, de faire supprimer un ancien amant de sa femme au pays par un tueur à gages. Soit une instigation à tentative d'assassinat qui a été reconnu puisque cette affaire a été jointe au premier dossier.

'Le volet sri-Lankais a été joint au dossier sans respecter les droits fondamentaux de la défense à commencer par celui de participer à l'instruction, laquelle se compose d'ailleurs de documents dont aucun n'est même en français. Tout cela n'est pas sérieux', a déclaré Me Aymon.

Le Sri-Lankais condamné vit en Suisse depuis le début des années 90 et possède la nationalité helvétique. C'est un mariage arrangé qui l'a uni à son épouse en 2002. Cette dernière avait tenté de s'y opposer, mais sans succès.

Mises en garde répétées

En avril 2017, le couple a fait la connaissance d'un compatriote, demandeur d'asile débouté, au centre EVAM de Crissier. Ce jeune homme, né en 1998, avait secrètement noué une relation adultérine avec l'épouse du prévenu.

A plusieurs reprises et sans résultat, l'accusé avait ordonné à son rival de ne plus fréquenter son épouse. Excédé, l'accusé s'en était pris à plusieurs reprises à sa femme tant verbalement que physiquement. Il l'avait aussi menacé de mort.

Six coups de couteau mortels

Ces faits ont débouché sur des plaintes de la victime et sur une décision de justice enjoignant l'agresseur à quitter le domicile familial et à confier la garde de leurs trois enfants confiée à son épouse.

Finalement, un matin de février 2018, le mari trompé a déboulé armé d'un couteau au centre EVAM d'Ecublens où logeait son rival. Il l'a poignardé à mort à six reprises.

/ATS
 

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