Place fédérale bouclée après des appels à une manif non autorisée

La police a marqué sa présence dans le centre-ville de Berne jeudi en début de soirée. Elle ...
Place fédérale bouclée après des appels à une manif non autorisée

Berne: canons à eau à nouveau utilisés contre des manifestants

Photo: KEYSTONE/PETER SCHNEIDER

La police a à nouveau utilisé des canons à eau et des balles en caoutchouc contre des participants à une manifestation contre les mesures anti-Covid-19 à Berne jeudi soir. Au total, environ 800 personnes ont pris part au défilé non autorisé.

Treize personnes ont été emmenées au poste de police pour un complément d'enquête, a indiqué la police cantonale bernoise dans un communiqué diffusé vendredi. Sept d'entre eux avaient déjà attiré l'attention des policiers lors de manifestations précédentes.

La police a procédé à de nombreux contrôles de personnes. Environ 60 personnes ont été expulsées du périmètre. Du matériel pour dissimuler le visage, des couteaux et des tournevis ont été saisis. Les suspects encourent des accusations d'émeute et de menace contre les autorités. Aucune victime n'a été signalée.

Défilé toléré

Malgré l'absence d'autorisation de manifester, la police avait toléré un défilé de la gare ferroviaire à la vieille ville et retour. Les opposants aux mesures de restriction ont marché dans les rues, dans l'effervescence des ventes nocturnes des magasins, en scandant 'liberté'. Beaucoup portaient des fleurs en signe de résistance pacifique.

Des engins pyrotechniques ont cependant été allumés et des projectiles lancés sur des agents, a indiqué la police. Celle-ci a riposté avec des balles en caoutchouc.

Vers 21h00, elle a eu recours aux canons à eau et aux balles en caoutchouc, lorsque les manifestants ont tenté de se diriger vers le Palais fédéral, a constaté un journaliste de Keystone-ATS. Plusieurs personnes ont tenté de franchir une barrière devant le bâtiment avant d'être repoussées, selon la police. Pendant un court instant, des scènes de chaos ont eu lieu dans les environs de la gare.

Police largement déployée

La ville de Berne avait annoncé lundi qu'elle ne tolérerait plus de manifestation non autorisée. La police n'a pas pu empêcher la marche de protestation, car d'autres personnes non impliquées auraient été mises en danger, a indiqué à l'agence de presse Keystone-ATS, Reto Nause, le directeur de la sécurité de la ville de Berne. Il était difficile pour la police d'identifier qui était présent pour manifester et qui faisait ses courses, a-t-il précisé.

'L'important déploiement [policier, ndlr] s'est malheureusement avéré nécessaire', a-t-il déploré, soulignant que des échauffourées ont également éclaté entre opposants aux mesures de restriction et des autonomistes de gauche.

Les forces de l'ordre étaient présentes en nombre dans la capitale en fin de journée avant l'arrivée des manifestants. La police avait déjà bouclé la place Fédérale en fin d'après-midi, avait constaté sur place un journaliste de Keystone-ATS. La clôture devant le Palais fédéral a été réinstallée tandis que des grilles mobiles ont été disposées autour de la place.

De nombreux policiers ont été aperçus dans le centre-ville. En fin d'après-midi, les passants étaient autorisés à traverser la Place fédérale déserte, à l'exception de deux voitures de police et de quelques policiers.

M. Nause avait négocié mardi avec les manifestants sur les conditions d'obtention d'une autorisation à manifester, mais aucun accord n'a été trouvé. Les 'Freiheitstrychler' et l'organisation 'Mass-Voll' ont appelé leurs partisans à ne pas se rendre à Berne.

Déjà huit manifestations en septembre

Des appels à un rassemblement sous le slogan 'Maintenant plus que jamais' ont cependant continué à circuler sur les réseaux sociaux. La police bernoise avait annoncé qu'elle serait présente avec un important contingent pour assurer la sécurité de la population. La majorité des postes de police du canton sont restés fermés jeudi.

À Berne, rien qu'en septembre, huit manifestations d'opposants aux mesures ont déjà eu lieu. Sept d'entre elles étaient non autorisées, dont celle de jeudi dernier. Des violences ont éclaté devant le Palais fédéral. La police a utilisé des canons à eau, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc.

A Willisau, dans le canton de Lucerne, la police a empêché jeudi soir la tenue d'une autre manifestation non autorisée contre les mesures anti-Covid-19. La police lucernoise a contrôlé et reconduit une soixantaine de personnes, a-t-elle indiqué sur Twitter. La situation est restée calme, a constaté un photographe de Keystone-ATS.

/ATS
 

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