Monarques en Suisse: exposition à Schwyz sur une histoire d'amour

La Suisse n'a jamais été une monarchie, mais les monarques lui ont souvent rendu visite et ...
Monarques en Suisse: exposition à Schwyz sur une histoire d'amour

Monarques en Suisse: exposition à Schwyz sur une histoire d'amour

Photo: Musée national suisse

La Suisse n'a jamais été une monarchie, mais les monarques lui ont souvent rendu visite et fasciné ses habitants. Dans une nouvelle exposition, le Forum de l'histoire suisse, à Schwyz, se penche sur ce phénomène d'attraction réciproque, amplifié par les médias.

De Napoléon III à l'impératrice d'Autriche Sissi, en passant par l'empereur Guillaume II, la reine Astrid de Belgique ou la reine Elizabeth, les membres des familles royales visitent la Suisse depuis des siècles. Visites d'Etat, vacances, exil: ils font la une des journaux et des milliers de personnes bordent les rues pour les entrevoir, dans un pays qui n'a pourtant rien de monarchique.

A partir de samedi et jusqu'au 3 octobre, l'exposition 'Les Royals arrivent' retrace les moments vécus en Suisse par les têtes couronnées et présente des souvenirs de leurs voyages: des cartes des manœuvres militaires de l’armée suisse lors de la visite de l’empereur allemand Guillaume II à la robe de soirée ou aux journaux intimes de Sissi.

Le drame d'Astrid de Belgique

Le Forum de l'histoire suisse se penche particulièrement sur le rôle joué par la presse de boulevard dans l'écho donné à ces visites de haut rang. La nouvelle de l'accident mortel de la reine Astrid de Belgique en 1935 à Küssnacht am Rigi (SZ) a fait la une de la presse.

Un an plus tard, la chapelle Astrid a été inaugurée sur le lieu de l’accident. L'exposition présente notamment un fragment du pare-brise de sa voiture accidentée.

L'impact des vacances de Victoria

En 1868, la reine Victoria d'Angleterre séjourne durant quatre semaines à Lucerne. Depuis cette ville, elle se rend incognito dans de nombreux sites touristiques du pays. Elle peint des aquarelles et tient un journal, comme en témoigne l'exposition.

Sa venue déclenche une vague d’arrivée de touristes anglais en Suisse. La branche touristique helvétique donne le nom de la reine à des hôtels, des salles, des places ou encore à un bateau à vapeur.

Tensions politiques

En 1916, la visite d'Etat de l'empereur allemand Guillaume II a divisé la presse suisse, francophile côté romand et germanophile côté alémanique. Durant deux jours, l'armée suisse présente au monarque sa capacité à résister lors de manoeuvres à Kilchberg (BE). Pour l'empereur, il s'agit de vérifier que la Suisse neutre est à même de sécuriser ses frontières avec la France en cas de guerre.

L'exposition revient aussi sur le rôle de refuge que la Suisse a joué pour certains monarques, notamment pour le jeune Louis-Napoléon Bonaparte en 1815. Après avoir grandi en Thurgovie, ce dernier doit finalement quitter le pays en 1838, suite aux menaces de la France d'intervenir militairement.

L'assassinat de Sissi à Genève

Egalement réfugiée en Suisse, Sissi séjourne incognito à Genève à la fin de l'été 1898, mais les journaux révèlent son identité. Le 10 septembre, l'anarchiste Luigi Lucheni assassine l'impératrice d'Autriche sur le quai du Mont-Blanc, alors qu'elle veut se rendre à Montreux à bord d'un bateau à vapeur. Le monde entier est sous le choc.

La Suisse fait alors face aux critiques et pressions internationales: on lui reproche d’être trop conciliante avec les anarchistes. Le Conseil fédéral en expulse finalement 36.

En fin d'exposition, chacune et chacun peut s'improviser en monarque. Sur le «trône royal des rêves», les visiteuses et les visiteurs peuvent porter une couronne, s’immerger dans l’univers royal et s'interroger sur leurs décisions et leur attitude dans un tel rôle.

/ATS
 

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