Migrations: Berne salue la volonté de renforcer l'agence Frontex

La Suisse s'est félicitée lundi de la proposition de la Commission européenne d'élargir les ...
Migrations: Berne salue la volonté de renforcer l'agence Frontex

Migrations: Berne salue la volonté de renforcer l'agence Frontex

Photo: Keystone

La Suisse s'est félicitée lundi de la proposition de la Commission européenne d'élargir les compétences de Frontex, l'agence de surveillance des frontières européennes. Elle la juge 'positive sur le fond'.

La Confédération considère que la protection des frontières extérieures est central pour la sécurité de l'Europe, mais aussi pour un système d'asile crédible', a déclaré le secrétaire d'Etat aux migrations Mario Gattiker, qui a représenté la Suisse lors d'une réunion des ministres européens de l'intérieur lundi à Amsterdam.

La proposition de Bruxelles prévoit notamment un mécanisme de crise qui puisse rassembler en trois jours les garde-frontières des pays membres et les engager aux frontières extérieures de l'Union européenne (UE).

Problèmes de mise en oeuvre

Bruxelles souhaite aussi que la nouvelle Frontex puisse être engagée contre l'avis d'un Etat membre, si les frontières extérieures de l'espace Schengen ne sont plus suffisamment sûres. Ce point est vivement critiqué par les Etats membres.

'Nous jugeons important que l'on trouve une solution qui soit soutenue par tous les Etats membres', a souligné M. Gattiker. C'est la seule garantie qu'une décision soit mise en oeuvre comme il faut.

Les événements des derniers mois ont montré ce qui se passe quand une décision n'est pas soutenue par l'ensemble des Etats membres. L'année dernière, l'UE a pris 'd'importantes décisions', a rappelé Mario Gattiker, évoquant la création de centres d'enregistrement des migrants ('hotspots') et le renforcement de la solidarité au sein de l'UE.

Mais, souligne le secrétaire d'Etat, les onze 'hotspots' prévus en Grèce et en Italie ne fonctionnent pas encore et à ce jour seuls 332 réfugiés ont été relocalisés de ces deux pays vers d'autres Etats de l'Union européenne - au lieu des 160'000 prévus.

Discussions prévues

Selon Mario Gattiker, la Suisse devrait être prête dans six mois à accueillir les premiers réfugiés d'Italie ou de Grèce. Des discussions doivent avoir lieu 'prochainement' pour éclaircir différentes questions, notamment celle de la sécurité. Dès qu'elles seront terminées, le Conseil fédéral prendra une décision.

A ses yeux, la pression migratoire devrait rester forte cette année encore. M. Gattiker en veut pour exemple le fait que quelque 3000 requérants d'asile arrivent chaque jour en Grèce, malgré l'hiver.

Trouver des solutions européennes

Et de souligner l'importance de trouver des solutions européennes, faute de quoi les Etats se replieront sur des mesures nationales. Six pays, dont l'Allemagne, l'Autriche et la Suède, ont déjà rétabli des contrôles à leurs frontières pour tenter de faire face à une immigration incontrôlée.

Pour la Suisse, Mario Gattiker ne voit aucune nécessité à prendre de telles mesures, car on n'a constaté aucune menace à la sécurité publique. Si cela devait changer, le Conseil fédéral réévaluerait la situation.

Interrogée sur le cas de l'Autriche, qui a annoncé l'introduction d'un plafond pour le nombre de réfugiés qu'elle accepte d'accueillir cette année, la Confédération attend que Vienne 'respecte ses obligations liées au droit international - y compris à notre égard'.

La Suisse et l'Autriche doivent par ailleurs poursuivre la mise en oeuvre de l'accord de Dublin, qui règle la collaboration en matière d'asile.

Mario Gattiker remplaçait pour cette réunion la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, souffrante.

/ATS


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