Meurtre de Marie: les difficiles mots pour parler de Claude D.

La 4e journée du procès du meurtrier de Marie était réservée jeudi à l'audition des témoins ...
Meurtre de Marie: les difficiles mots pour parler de Claude D.

Meurtre de Marie: les difficiles mots pour parler de Claude D.

Photo: Keystone

La 4e journée du procès du meurtrier de Marie était réservée jeudi à l'audition des témoins. Un accompagnateur en prison et un aumônier ont témoigné devant le Tribunal criminel de la Broye et du Nord vaudois à Renens. Réquisitoire et plaidoiries se tiendront vendredi.

Une matinée d'audience a suffi pour entendre les témoins appelés à la barre par Claude D. Seules deux personnes, un accompagnateur en milieu carcéral et un aumônier de prison, ont trouvé le courage de venir parler, et parfois seulement par bribes, de l'autre Claude D. qu'ils ont connu, ou cru connaître. Interrogé par son avocat, l'accusé dira lui-même qu'il n'a pas reçu de visites en prison depuis son incarcération de 2013, à part celles de ses avocats.

Le premier témoin, un accompagnateur en prison, lui a rendu visite une dizaine de fois avant le drame de mai 2013, où Claude D. a enlevé puis étranglé Marie, tout juste 19 ans. Il avait réussi, dès 2008, à nouer un certain lien d'amitié avec le détenu, alors aux Etablissements de la plaine de l'Orbe (EPO).

'J'avais l'impression qu'il avait envie de se racheter. Il avait des projets d'avenir. Il lui tenait très à coeur d'avoir une famille, une femme et des enfants. J'avais l'impression qu'il était sur le bon chemin', a-t-il expliqué à la Cour.

L'impression qu'il était heureux

Il l'a vu deux fois alors que Claude D. était en arrêts domiciliaires, dans les mois qui ont précédé le meurtre. Lors d'un de ces contacts, 'il m'a dit qu'il était fou amoureux, que c'était presque un miracle qu'une fille de cet âge s'intéresse à lui. Il n'a rien dit de négatif sur Marie. J'avais l'impression qu'il était heureux'.

Tout s'écroule dix jours plus tard lorsqu'il apprend le drame: 'J'ai eu de la peine à y croire. Je n'ai pas eu l'impression que c'était le même homme'. Il ne l'a pas revu. 'Jusqu'à maintenant, je n'ai pas pu. J'avais confiance. Et tout s'est effondré', a-t-il confié.

Une histoire de fou

Nerveux, mal à l'aise, un aumônier qui lui a accordé une 'écoute active' en prison a peiné à trouver ses mots devant la Cour. 'Je ne sais pas trop ce que je fais là', a-t-il dit, expliquant que, comme diacre, il connaissait aussi les parents de Marie. 'Quand j'ai appris ce qui s'était passé, j'ai été touché. C'était une histoire de fou, je connaissais Claude, je connaissais les parents'.

Interrogé directement par Claude D., l'aumônier revient sur l'état d'esprit du prévenu lors de ses difficiles années d'incarcération aux EPO. Il parle d''émotion à fleur de peau', d''envie d'exploser'. 'J'essayais d'être présent auprès de vous par rapport à toutes les injustices que vous ressentiez', a expliqué l'aumônier.

Les parties plaignantes, le père et la soeur de Marie, n'ont pas souhaité s'exprimer. 'Leur présence est suffisamment éloquente', a lancé Me Jacques Barillon, leur avocat. Par 'pudeur', le procureur général Eric Cottier a renoncé à les interroger.

Incident de procédure

Un incident de procédure a animé la matinée. La défense a tenté d'attaquer la crédibilité de l'expertise psychiatrique du Dr Philippe Vuille, entendu la veille et qui prône un internement à vie.

'Dans une autre expertise, à la même question de principe, l'expert s'est prononcé avec beaucoup plus de nuances', a fait valoir Me Yaël Hayat, avocate de Claude D. Elle a demandé au tribunal de joindre cette expertise au dossier.

'Un procédé incroyable, du jamais vu', a bondi le procureur général. 'Je n'en lirai pas une ligne. Cela n'a rien à voir avec ce dossier. Demain, je produirai le bottin du téléphone'. 'C'est encore et toujours le procès des autres', a renchéri Me Barillon. Le tribunal a rejeté la requête des avocats de Claude D.

/ATS


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