Mère et fils jugés pour avoir tué le grand-père

Le procès d'une mère et de son fils accusés d'avoir tué le grand-père s'est ouvert mardi devant ...
Mère et fils jugés pour avoir tué le grand-père

Le procès d'une mère et de son fils accusés d'avoir tué le grand-père s'est ouvert mardi devant le Tribunal de l'Est vaudois à Vevey (VD). Le drame s'est déroulé sur fond d'héritage, de rancoeurs et de vives tensions familiales.

Les faits sont particulièrement sordides. Le soir du 5 novembre 2014, habillés de noir, la mère et son fils se sont discrètement rendus à Villeneuve, au domicile de leur aïeul de 83 ans. Sous un prétexte, ils l'ont attiré dehors et poussé dans les escaliers.

Comme il était pratiquement indemne après avoir dégringolé les 13 marches, ils l'ont roué de coups avec la canne de l'octogénaire et un parapluie. Pour l'achever, ils l'ont étranglé avec une écharpe, celle-là même que le petit-fils avait offerte à la victime pour Noël.

Manque de reconnaissance

Dans ce duo de meurtriers, la mère, 52 ans, tient le premier rôle. Cette sociologue a arrêté de travailler pour s'occuper de son père, qui la rémunère pour son engagement. Mais elle souffre d'un profond manque de reconnaissance: 'Il ne m'a jamais fait de compliments', 'j'aurais aimé qu'il soit fier de moi', a-t-elle expliqué.

Longuement, elle accuse son paternel de tous les maux. L'histoire familiale est complexe, particulière. Il lui fait peur, prétend-elle, même s'il est diminué physiquement depuis une opération. Les autres témoignages au dossier ne décrivent pas le monstre que vous dépeignez, fait remarquer le procureur Hervé Nicod.

Remariage évoqué

Elle croit dur comme fer que le vieil homme va se remarier et qu'elle risque de perdre une bonne partie de son héritage. Une catastrophe pour elle, un 'affront': 'Ce n'était pas qu'une question d'argent. D'un côté, j'aimais mon père. C'était aussi le choc d'une humiliation', a-t-elle expliqué.

Lors d'une énième dispute, le vieil homme les traite, elle et son fils, de 'voleurs et de profiteurs'. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Elle se sent trahie, rabaissée, humiliée. Et imagine une expédition sanglante, le soir même, dans la villa de Villeneuve, laissant les portables à la maison, par sécurité, et parquant la voiture dans la zone industrielle, par discrétion.

Salir les mains

Difficile de comprendre comment le fils de 20 ans s'est laissé entraîner. Il a d'abord refusé de se 'salir les mains', sans pour autant chercher véritablement à dissuader sa mère. 'Elle était tellement déterminée, instoppable', se défend-il. Il finit par l'accompagner pour 'la protéger', explique-t-il en pleurs.

Pourquoi un tel déferlement de coups dans les escaliers de la villa, s'interroge la présidente. 'J'étais tellement en colère, chagriné. Dans ma tête, c'était comme un vide noir', dit le jeune homme aujourd'hui âgé de 23 ans, mais qui en paraît beaucoup moins.

'J'aimais mon grand-père comme un père', ajoute le jeune homme. C'est pourtant lui, son unique petit-fils, qui va serrer l'écharpe autour du cou de l'octogénaire, sa mère n'y arrivant pas. 'Je voulais sauver ma mère', sanglote-t-il, ajoutant que cette scène 'le hante'.

Les deux accusés sont renvoyés en justice pour assassinat. Ils reconnaissent tous les faits qui leur sont reprochés. Le procès se poursuit.

/ATS
 

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