Les hautes écoles de Lausanne et Fribourg n'accordent pas d'équivalences aux cadres de l'armée

Les hautes écoles suisses devraient mieux reconnaître la formation des cadres de l’armée, exhorte ...
Les hautes écoles de Lausanne et Fribourg n'accordent pas d'équivalences aux cadres de l'armée

Les hautes écoles de Lausanne et Fribourg n'accordent pas d'équivalences aux cadres de l'armée

Photo: KEYSTONE/GAETAN BALLY

Les hautes écoles suisses devraient mieux reconnaître la formation des cadres de l’armée, exhorte lundi dans La Liberté Pascal Eggen, lieutenant-colonel d’état-major général. Lausanne et Fribourg ne jouent pas le jeu.

Un nombre important de points ECTS (ou crédits) sont perdus par les futurs officiers à cause de leurs longs séjours sous les drapeaux. C’est pourquoi les cadres de l’armée devraient pouvoir faire valider les cours suivis à l’Ecole centrale (EC) de Lucerne lorsqu’ils rejoignent la filière universitaire civile, plaide Pascal Eggen dans une interview.

De nombreuses hautes écoles helvétiques accordent déjà des équivalences aux étudiants pour les cours dispensés par la Formation supérieure des cadres de l’armée (FSCA), lorsque les contenus se recoupent, par exemple en droit, en informatique ou en gestion. Mais les villes universitaires de Lausanne et Fribourg font bande à part, déplore le lieutenant-colonel.

Départ des études retardé

'Ainsi, les cadres militaires qui ont effectué un service supplémentaire dans le cadre de leur service obligatoire sont encore pénalisés, critique Pascal Eggen. Ils ne peuvent que difficilement rattraper les points ECTS perdus durant leur période légale sous les drapeaux. Ceci les oblige dans la majeure partie des cas à retarder le départ de leurs études d’un an.'

L'Université de Fribourg (UniFR), celle de Lausanne (UNIL) et l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ne figurent pas sur la liste des hautes écoles qui appliquent la reconnaissance. Concernant l'UNIL, une rencontre informelle a eu lieu entre le rectorat et des représentants de l'armée en 2017, mais elle n'a rien donné, a confirmé la porte-parole Géraldine Falbriard à l'agence Keystone-ATS.

L'expérience professionnelle des militaires pourrait être validée à l'UNIL dans le cadre du système baptisé Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Il s'agit d'une procédure individuelle par laquelle les étudiants peuvent faire reconnaître des compétences acquises en dehors de l'alma mater.

Facultés compétentes

Pour Pascal Eggen, les difficultés de ces reconnaissances résident dans la méconnaissance des décideurs au sujet des formations dispensées par l’armée. 'Pour les universités, il existe autant de conventions qu’il existe de facultés dans chacune d’entre elles, puisque la compétence d’accorder la reconnaissance leur revient.'

La FSCA mène une campagne auprès de toutes les universités et hautes écoles du pays pour établir avec les facultés concernées une convention pour l’octroi de ces équivalences. Des reconnaissances sont déjà conclues avec des facultés ou instituts des universités de Genève, Neuchâtel, Saint-Gall, Zurich, Lucerne, Berne, Bâle, ainsi qu'avec l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).

Des équivalences sont également accordées par des hautes écoles spécialisées et pédagogique à Coire, Lucerne, Zurich, Olten, Berne et au Tessin. Deux hautes écoles privées à Genève et Berne ont aussi franchi le pas, tout comme la Haute École Spécialisée à distance et la Formation universitaire à distance. Des discussions sont en cours avec la Haute Ecole de Suisse occidentale (HES-SO).

/ATS
 

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