Les députés vaudois plébiscitent le budget 2021

Le budget 2021 du canton de Vaud est sous toit. Le Grand Conseil l'a largement adopté mardi ...
Les députés vaudois plébiscitent le budget 2021

Les députés vaudois plébiscitent le budget 2021

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Le budget 2021 du canton de Vaud est sous toit. Le Grand Conseil l'a largement adopté mardi en écartant les ultimes amendements, notamment au sujet de l'accord canton-communes sur la facture sociale.

Ce budget, qui présente un déficit pour la première fois depuis 2006, prévoit un excédent de charges de 164,2 millions de francs. Il a été approuvé lors du vote final par 114 députés, contre 14 refus et 5 abstentions. Seul le groupe Ensemble à gauche - POP et quelques voix isolées, notamment à l'UDC se sont opposés.

Le ministre des finances Pascal Broulis s'est réjoui de ce 'soutien massif' qui donnera 'des vitamines au Conseil d'Etat et à l'administration cantonale'. Il a rappelé que ce budget avait été construit 'hors Covid': les premiers montants débloqués pour faire face à la crise ont été financés en 2020, tandis que les autres conséquences financières figurent au budget 2021 comme 'risques', évalués entre 600 et 800 millions de francs.

Parmi les députés, le chef du groupe des Verts Vassilis Venizelos a salué 'un budget anticyclique ambitieux et courageux' pour relancer l'économie. Son homologue socialiste Jean Tschopp s'est félicité des investissements 'à la hauteur des enjeux' dans le secteur de la santé, mais aussi pour la formation avec la création de 223 postes.

La facture sociale fait encore débat

Du côté du PLR, Carole Dubois s'est notamment réjouie 'd'un premier pas vers une paix institutionnelle' entre le canton et les communes, à la suite de la validation de l'accord sur la répartition de la facture sociale.

Cet accord n'est toutefois pas au goût de tous: 'Nous voulions donner un coup de main immédiat à nos communes, mais nous n'avons pas réussi à faire bouger cet hémicycle', a regretté Phillippe Jobin, chef de groupe de l'UDC. Son parti a présenté un nouvel amendement mardi, qui demandait d'octroyer un montant annuel de 80 millions de francs en faveur des villes-centres, dont la capacité d'autofinancement est particulièrement affectée par la facture sociale.

La conseillère d'Etat en charge du dossier, Christelle Luisier, a critiqué un amendement 'qui semble tiré d'un chapeau' et qui sape plusieurs mois de négociations entre le canton et la principale faîtière de l'Union des communes vaudoises (UCV). 'Nous avons trouvé un compromis et nous devons nous y tenir. Il en va de notre crédibilité', a-t-elle relevé.

Pour mémoire, l'accord entre le canton et l'UCV, conclu l'été dernier, prévoit un rééquilibrage progressif de la facture sociale pour arriver au plus tard en 2028 à un montant annuel et pérenne de 150 millions de francs en faveur des communes.

Christelle Luisier a estimé que la proposition de l'UDC provoquerait un surcoût d'un milliard de francs pour le canton à l'horizon 2028. 'Cela n'est pas digérable', a-t-elle affirmé, soulignant que la situation était déjà suffisamment incertaine en raison de la crise du coronavirus.

Après une heure et demie de discussions, l'amendement de l'UDC a été refusé par 94 élus issus surtout de la gauche - hormis la gauche radicale - et d'une majorité des PLR. Ils ont été 36 à l'accepter et 8 à s'abstenir. Un autre amendement, qui demandait que le canton reprenne l'entier de la facture sociale, avait été refusé la semaine dernière dans la même proportion.

'Chambre d'enregistrement'

Outre la question de la facture sociale, plusieurs amendements issus du groupe Ensemble à gauche - POP ont été écartés mardi, comme cela avait déjà été le cas lors du premier débat. Face à la crise sanitaire, la gauche radicale souhaitait notamment débloquer plusieurs millions de francs pour témoigner une reconnaissance matérielle au personnel du CHUV, de l'Association vaudoise d'aide et de soins à domicile, des hôpitaux régionaux et des EMS. Ces diverses propositions ont convaincu une trentaine de députés, mais elles se sont heurtées aux élus de la droite.

Le popiste Vincent Keller a déploré que les débats liés au budget n'aient 'accouché de rien'. Il a qualifié le Parlement de 'chambre d'enregistrement' du Conseil d'Etat où 'chacun se tient par la barbichette'.

/ATS
 

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