Toujours plus d'élus sont des politiciens de métier

La charge des parlementaires fédéraux continue de croître: plus de 80% d'entre eux travaillent ...
Toujours plus d'élus sont des politiciens de métier

Toujours plus d'élus sont des politiciens de métier

Photo: Keystone

La charge des parlementaires fédéraux continue de croître: plus de 80% d'entre eux travaillent plus de 50 heures par semaine. Le Parlement de milice est un idéal qui ne recouvre pas la réalité. Quant au salaire, il serait comparable à celui d'un directeur de PME.

'Il faut prendre congé de la notion de Parlement de milice', a déclaré mardi devant les médias Philippe Schwab, secrétaire général de l'Assemblée fédérale. Il a commenté la présentation d'une étude de l'Université de Genève sur le temps de travail et le salaire des élus fédéraux.

Un plein-temps pour la moitié des élus

Les personnes qui peuvent être considérées comme de vrais miliciens sont une infime minorité, a observé le politologue Pascal Sciarini, directeur de l'étude. Toutefois, moins de 20% des parlementaires n'ont pas d'autre activité professionnelle. La majorité se trouve entre ces deux extrêmes.

Le travail strictement parlementaire représente pour la moitié des élus fédéraux au moins un 50%. En ajoutant les activités directement liées à ce mandat, comme les séances de parti, les campagnes politiques ou les relations avec les médias et le public, la charge représente un travail à plus de 87% pour la moitié des conseillers nationaux et 71% pour la moitié des sénateurs. A noter que les élus ne sont pas payés pour ces engagements.

Comme un directeur de PME

Les politologues se sont aussi penchés sur le revenu des députés fédéraux. En moyenne, un conseiller national touche 79 francs l'heure, contre 76 pour un sénateur. Transposé dans le privé, cela revient au salaire d'un directeur d'une PME informatique. Les auteurs de l'étude relativisent toutefois cette comparaison.

'Chaque parlementaire est un cas en lui-même', a résumé Philippe Schwab. Car les variations sont telles qu'il est 'extrêmement difficile de déterminer un salaire horaire caractéristique de la fonction de parlementaire', a précisé Pascal Sciarini.

Par rapport au secteur privé, le salaire horaire des parlementaires est 'généralement plus élevé'. Mais si toutes les activités directement liées au mandat sont prises en compte, il lui est alors inférieur.

De 20 à 140 francs l'heure

Les revenus varient selon le nombre de commissions dans lesquelles siège un parlementaire, et s'il engage ou non un collaborateur, et à quel taux. Ainsi, il peut gagner entre moins de vingt francs l'heure à plus de 140 francs au Conseil national, et entre 40 et près de 140 francs l'heure au Conseil des Etats.

En effet, les défraiements pour le personnel ou le matériel, d'un montant total de 33'000 francs, s'ajoutent au revenu du parlementaire si ce dernier ne les dépense pas. Le salaire horaire net ainsi calculé prend uniquement en compte les activités qui se déroulent entre les murs du Palais fédéral: préparation des lois examinées, séances de commission et travail en plénum.

Un peu plus de la moitié des parlementaires n'ont pas de collaborateurs. Lorsqu'ils en ont un, ce dernier travaille souvent entre 20 et 30%. Avec ou sans collaborateur, un élu garde la même charge de travail, constatent les chercheurs. Les parlementaires utilisent donc leur collaborateur pour se consacrer à d'autres tâches au sein de l'institution.

37,4 millions par an

Les chercheurs ont interrogé les 246 parlementaires fédéraux de la législature précédente (2011-2015). Un peu plus de la moitié ont répondu.

Entre 2011 et 2015, la Confédération a dépensé en moyenne 37,4 millions de francs par année pour indemniser les parlementaires, soit en moyenne 147'000 francs par an par conseiller national, et près de 174'000 francs par conseiller aux Etats.

Les élus reçoivent 26'000 francs par an pour préparer les travaux, 440 francs par jour lorsqu'ils siègent dans des commissions. La Confédération leur verse davantage s'ils sont présidents de commission ou rapporteurs.

Les députés bénéficient d'un AG en 1ère classe. En outre, ils touchent jusqu'à 21,5 francs par quart d'heure si le trajet dépasse 1h30, 115 francs pour les repas, 180 francs pour les nuitées, jusqu'à 9300 francs par législature pour l'équipement informatique et, sur justificatif, 2000 francs au maximum pour des cours de langue.

/ATS
 

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