Le collectif R occupe un auditoire de l'Université de Lausanne

Un collectif de défense de migrants occupe pour quatre jours une salle de cours de l'Université ...
Le collectif R occupe un auditoire de l'Université de Lausanne

Le collectif R occupe un auditoire de l'Université de Lausanne

Photo: Keystone

Un collectif de défense de migrants occupe pour quatre jours une salle de cours de l'Université de Lausanne (UNIL). Ils veulent faire connaître leur combat et espèrent obtenir l'appui de la communauté académique. Le rectorat regrette la méthode choisie.

'Des droits humains, pas de renvois Dublin': la banderole donne le ton dès l'entrée du bâtiment Géopolis. Un peu plus loin à droite, l'auditoire 1612 est investi par le collectif R, qui réclame la fin des renvois Dublin et s'est fait connaître en occupant depuis huit mois la salle de paroisse de l'église St-Laurent, au centre-ville.

'Marre de se cacher, on vit ici, on reste ici', clame une immense banderole scotchée au mur. Dans un coin, une dizaine de matelas sont entassés, d'autres sont posés près des fenêtres. Le collectif et les migrants le disent d'emblée: ils vont rester jusqu'à jeudi.

Inciter à prendre position

'Nous sommes là pour appeler la communauté académique à prendre position pour une politique d'hospitalité', a expliqué lundi à la presse Pauline Milani, du collectif. A la mi-journée, plus de cinquante personnes sont présentes, membres du collectif, migrants et étudiants. Deux jeunes Afghans expliquent pourquoi ils ne veulent pas être renvoyés en Hongrie, où ils ont subi des 'maltraitances'.

Une pétition a été lancée: lundi à 14h00, l'occupation non-violente et provisoire était soutenue par quelque 500 professeurs, assistants et étudiants issus surtout des facultés des Sciences sociales et politiques (SSP) et Lettres. Jusqu'à jeudi, le collectif annonce qu'il organisera sur place des débats, des conférences et des repas 'solidaires'. Un groupe restera pour dormir.

Contre les accords Dublin

Objectif de ce combat: les accords Dublin qui permettent de renvoyer les migrants dans le premier pays où ils ont été enregistrés. 'La Suisse se lave les mains des demandes d'asile qui lui sont adressées, car rares sont ceux qui arrivent par les airs', explique Mme Milani. L'Italie, la Hongrie, la Bulgarie, pays où sont souvent enregistrés les demandeurs d'asile, sont 'submergées'.

Pour le collectif, qui continue d'occuper l'église de St-Laurent, il est important de sortir de sa 'situation d'isolement', car les discussions avec le Conseil d'Etat n'avancent pas. 'Nous voulons ouvrir notre révolte à la société civile, entamer une discussion avec d'autres milieux. Les réfugiés sont parmi nous. Leur destin devrait concerner tout le monde', a expliqué Graziella de Coulon.

L'Université n'est 'qu'une étape de notre voyage', a précisé le collectif. La lutte continuera,'avec d'autres occupations si nécessaire'. Le recteur a été informé de l'action: 'on attend une prise de position de sa part', a dit Mme de Coulon. Elle espère qu'il pourra intervenir auprès du Conseil d'Etat.

Le rectorat regrette

Mise devant le fait accompli, l'UNIL regrette la méthode choisie. 'Sur le fond, l'Université peut servir de lieu de débat et de sensibilisation sur des questions de politique et de société. Mais nous sommes choqués par le procédé', a dit à l'ats Danielle Chaperon, vice-rectrice en charge de l'enseignement et des affaires étudiantes.

L'institution aurait été d'accord de mettre à disposition des locaux pour un colloque, même pour quatre jours. 'Mais pour attirer les médias, il faut occuper un auditoire la nuit. Nous regrettons la méthode, car nous nous sentons instrumentalisés'.

Position délicate

Pour Danielle Chaperon, le rectorat se trouve dans une position 'délicate'. 'Nous commençons à recevoir des mails de membres de la communauté universitaire qui nous demandent quand on déloge ces gens', a-t-elle ajouté.

Le rectorat devrait rencontrer mardi le collectif pour gérer au mieux cette occupation qui 'perturbe' les cours. 'Ce n'est pas dans notre intérêt d'augmenter les feux des projecteurs et de faire un coup de force par-dessus un coup de force', a-t-elle ajouté.

Et pas question que l'institution prenne position sur le fond des revendications: 'Ce n'est pas à la direction de l'Université de se prononcer sur des questions de ce type', a ajouté Danielle Chaperon.

/ATS


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