Les enquêteurs excluent pour l'heure la défaillance technique

Le crash d'un hélicoptère mercredi au col du St-Gothard n'est pas dû à une défaillance technique ...
Les enquêteurs excluent pour l'heure la défaillance technique

Les enquêteurs excluent pour l'heure la défaillance technique

Photo: Keystone

Le crash d'un hélicoptère mercredi au col du St-Gothard n'est pas dû à une défaillance technique. L'armée a donc décidé jeudi de reprendre sans restriction les vols des Super Puma. Elle refuse cependant en l'état de parler d'erreur humaine.

'Aucun indice d'une cause technique ou d'un problème récurrent sur les Super Puma n'a été retenu à ce stade de l'enquête', ont indiqué les autorités militaires lors d'une conférence de presse à Berne. Quant à l'erreur humaine, elle reste encore une pure spéculation que l'enquête en cours devra éclaircir, a précisé le commandant des Forces aériennes Pierre de Goumoëns.

L'appareil a heurté un câble électrique. Il a entièrement été carbonisé après sa chute, à moins de 200 mètres de la route du col et à une cinquantaine de mètres de l'Hospice du St-Gothard. Reste à déterminer si le câble est à l'origine de l'accident ou s'il a été touché après coup, a déclaré Jürg Nussbaum, porte-parole des Forces aériennes suisses.

Le blessé va bien

Quant aux victimes de l'accident, l'armée a donné des nouvelles rassurantes du blessé. Son état de santé, tant physique que psychique, peut être qualifié de 'bon' au vu des circonstances, a indiqué le porte-parole. Il est encore hospitalisé. Les deux autres occupants qui ont péri dans le crash étaient des pilotes de milice, a-t-il précisé.

Le chef des instructeurs de vol Lukas Rechsteiner s'est dit 'choqué' par cet accident, regrettant la perte de deux amis. Il a précisé que le fait d'être pilote de milice n'enlève rien au professionnalisme de ces hommes, puisque leur formation est parfaitement identique à celle des professionnels. L'un d'eux, âgé de 50 ans, était un membre de l'exécutif de la petite ville d'Illnau-Effretikon (ZH), a communiqué la commune.

Les officiers français, qui participaient à une inspection dans le cadre de l'OSCE, les officiers suisses et les passants sur les lieux de l'accident ont permis au péril de leur vie de sortir les trois occupants de l'hélicoptère immédiatement après le crash, a précisé Pierre de Goumoëns. Ce dernier les a remerciés pour leur 'comportement exemplaire'.

Travail de récolte

Les proches des victimes se sont rendus jeudi matin sur les lieux de l'accident. Des recrues avaient été envoyées en faction pour garder le site durant la nuit. Dans la journée, une septantaine de membres de l'armée, de la police et des pompiers ont poursuivi les opérations de sécurisation des preuves et de déblaiement.

Les spécialistes de l'Aircraft Recovery, épaulés par des recrues de l'armée suisse, se sont déployés sur les lieux de l'accident pour récolter systématiquement le moindre morceau de l'appareil accidenté. Le matériel est ensuite chargé sur un camion pour servir au travail d'enquête.

Des restes calcinés de Super Puma parsemaient encore la prairie où s'est déroulé le drame. La queue de l'hélicoptère, seule partie intacte de la carcasse, pointait vers le ciel, tel un monument rappelant le crash de la veille. L'air était encore imprégné de l'odeur de kérosène, a constaté un journaliste de l'ats.

Des spécialistes de la protection des eaux ont installé des barrages pour éviter une pollution des eaux souterraines. Sur les pavés de l'ancienne route du Gothard gisaient des morceaux de câbles de la ligne à haute tension, rompus au moment de l'accident. Les travaux de déblaiement devraient durer jusqu'au week-end, a indiqué en fin de journée le Département fédéral de la défense.

Il faudra vraisemblablement attendre au moins six mois avant que le juge d'instruction puisse écrire son rapport final, a indiqué un porte-parole sur place. Outre l'analyse des pièces récoltées, il faudra passer au crible les données radar et la planification du vol. Mais contrairement aux avions, le Super Puma ne dispose pas de boîte noire.

Inspecteurs de retour en France

La délégation française qui a achevé l'inspection comme prévu mercredi est rentrée jeudi en France. Les quatre officiers, naturellement ébranlés par les événements, 'vont bien', a assuré en marge de la conférence de presse l'attaché militaire français, le colonel Jean-Michel Meyer, précisant que l'accompagnement psychologique apporté par les autorités suisses a été excellent.

L'inspection française, réalisée dans le cadre du Document de Vienne, était menée par quatre officiers accompagnés de trois officiers suisses et d'un militaire chargé de la sécurité. Elle avait émis le souhait de visiter la forteresse du Gothard, un site militaire qui a joué son rôle à l'époque.

L'armée de l'air suisse a vécu une série noire cette année. Revenant sur l'accident d'un Tiger F-5 en juin aux Pays-Bas, Jürg Nussbaum a précisé que le pilote de la Patrouille suisse avait réintégré les Forces aériennes. Quant à l'accident du F/A-18 qui s'est écrasé fin août dans la région du Susten, les opérations de déblaiement sont terminées pour le moment. Un deuxième nettoyage sera organisé l'année prochaine.

/ATS


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