Le bénévolat n'a plus la cote

La population suisse a fourni 700 millions d'heures de bénévolat en 2014. La moitié des habitants ...
Le bénévolat n'a plus la cote

Le bénévolat n'a plus la cote

Photo: Keystone

La population suisse a fourni 700 millions d'heures de bénévolat en 2014. La moitié des habitants de plus de 15 ans y ont contribué. La tendance est toutefois à la baisse, selon la nouvelle étude de l'Observatoire du bénévolat suisse, publiée vendredi par la SSUP.

'L'engagement bénévole recule', a déclaré vendredi à Zurich Markus Freitag, professeur à l'Université de Berne, lors de la présentation de l'étude aux médias. Par rapport à la dernière étude de l'Observatoire sortie en 2010 et concernant l'année 2009, la part des personnes actives au sein d'une association est passée de 26 à 25%.

Environ 10% de la population

Les personnes engagées dans une fonction bénévole qu'elles ont choisie représentent 10% de la population, contre 13% en 2009. Seul le baby-sitting fait exception à la tendance à la baisse. Il a progressé en cinq ans, passant de 29% à 38% des personnes interrogées. Il revient ainsi au niveau observé en 2007.

Le bénévolat a également reculé en nombre d'heures par personne. Le nombre de celles et ceux qui y consacrent plus de 20 heures par an a fondu de moitié. Aujourd'hui, le service rendu est davantage limité dans le temps et davantage lié à un projet, explique Markus Freitag.

Les heures de bénévolat effectuées il y a deux ans en Suisse équivalent à 9% du temps de travail rémunéré. Elles génèrent 5,5% du produit intérieur brut.

Jeunes moins actifs

Les jeunes de 15 à 34 ans sont moins engagés que leurs aînés. Le bénévole type est un Alémanique âgé de 40 à 64 ans, disposant d'un bon niveau de formation, et intégré socialement. Il s'agit d'une personne active et résistante au stress.

La plupart des bénévoles sont avant tout engagées dans les domaines du sport, de l'Eglise, de la culture ou dans un hobby. Leur confiance et leur intérêt pour la politique, ainsi que leur participation dans ce domaine, sont plus élevés que dans la moyenne de la population.

Engagement sur Internet

L'Observatoire s'est penché pour la première fois sur la question de l'engagement sur Internet. Un quart des personnes sont actives dans ce domaine. La plupart d'entre elles fondent ou gèrent des groupes de discussion sur Facebook ou s'occupent du site en ligne d'une organisation ou d'une association.

Un tiers des jeunes combinent ce type d'activité avec un engagement 'dans le monde réel'. Ils visent une utilité personnelle dans leur démarche: améliorer leurs connaissances et obtenir un certificat témoignant de leur engagement. Leurs aînés sont davantage motivés par une cause qui leur tient particulièrement à coeur ou par la possibilité de se réaliser.

Comme l'argent ne joue aucun rôle dans l'engagement des bénévoles, ces derniers attendent une reconnaissance du travail accompli, une flexibilité du temps de travail, la possibilité d'avoir son mot à dire ou d'être consulté en tant que spécialiste.

Dons d'argent en baisse

A l'image du bénévolat, les dons d'argent sont également en baisse. En 2014, 71% des personnes avaient ouvert leur porte-monnaie pour une bonne cause. Ils étaient encore 77% en 2009. Ce type d'engagement est dépendant de la conjoncture économique, tempère Markus Freitag. Sans surprise, les 15 à 34 ans dépensent moins d'argent dans ce domaine que leurs aînés aux moyens financiers souvent plus élevés.

L'étude 2010 de l'Observatoire du bénévolat suisse est la troisième du genre après celles publiées en 2007 et 2010. Il est chapeauté par la Société suisse d'utilité publique (SSUP).

/ATS


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