Le Conseil fédéral combat une initiative « nuisible et inefficace »

L'initiative populaire contre la spéculation sur les denrées alimentaires nuirait à l'économie ...
Le Conseil fédéral combat une initiative « nuisible et inefficace »

Le Conseil fédéral combat une initiative

Photo: Keystone

L'initiative populaire contre la spéculation sur les denrées alimentaires nuirait à l'économie suisse. De plus, elle serait inefficace à lutter contre la faim dans le monde, a critiqué mardi Johann Schneider-Ammann, lançant la campagne pour la votation du 28 février.

Les initiants réclament une interdiction d'investissement, direct ou indirect, pour les sociétés ayant leur siège ou une succursale en Suisse. Cela vaudrait aussi pour la vente de produits structurés.

Seuls des contrats avec des producteurs et des commerçants et portant sur la garantie des délais ou des prix fixés seraient autorisés. Les jeunes socialistes comptent ainsi endiguer la faim et la pauvreté dans le monde.

L'opposition de l'économie

'D'après l'économie, l'initiative n'est pas le bon instrument' pour supprimer la spéculation sur les aliments et éliminer la famine, a rétorqué le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann devant les médias.

Si seule la Suisse interdit la spéculation sur les matières premières alimentaires, les entreprises concernées pourraient facilement contourner cet obstacle en délocalisant dans un pays moins regardant.

De plus, le texte créerait une bureaucratie 'énorme' qui péjorerait l'économie suisse, déjà touchée par le franc fort, a redouté le ministre de l'économie. Un fabricant de chocolat qui importe du cacao serait ainsi astreint à fournir de nombreux détails sur la transaction, afin de contrôler qu'il n'y a pas eu spéculation.

Spéculation pas seule en cause

La spéculation n'est pas à l'origine de la plupart des variations des prix des denrées alimentaires, a estimé Johann Schneider-Ammann. Des sécheresses, des inondations ou des restrictions d'exportation décidées par des Etats influencent aussi les prix.

Finalement, les spéculateurs sont injustement montrés du doigt, a-t-il assuré. Dans la chaîne qui lie les producteurs aux fabricants en passant par les acheteurs, ils ont une place importante car ils prennent sur eux les risques liés à la vente.

Les initiants ne souhaitent s'en prendre qu'au négoce entre spéculateurs, mais sans lui, le risque d'une vente en dessous des prix de production reposerait sur les épaules Des paysans, a développé Johann Schneider-Ammann.

Déjà des garde-fous

Le Parlement a peu goûté l'initiative de la Jeunesse socialiste, et recommande lui aussi son rejet. La majorité des élus fédéraux estiment avoir déjà posé certains garde-fous à la spéculation.

Dans la loi sur l'infrastructure des marchés financiers, le Parlement a décidé en juin de permettre au Conseil fédéral de limiter la taille d'une position nette qu'une personne peut détenir sur les matières premières.

Cette loi ne fait toutefois pas office de contre-projet, a rappelé le ministre de l'économie. Son utilisation n'est pas encore à l'ordre du jour: le Conseil fédéral préfère attendre l'aboutissement de lois similaires aux Etats-Unis et au sein de l'Union européenne.

/ATS


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