Le Conseil des Etats tranche sur le congé paternité

Le sort du congé paternité se joue ce jeudi au Conseil des Etats. L'initiative populaire qui ...
Le Conseil des Etats tranche sur le congé paternité

Oui du Conseil des Etats à deux semaines de congé pour les pères

Photo: KEYSTONE/TI-PRESS/ALESSANDRO CRINARI

Les jeunes pères devraient obtenir deux semaines de congé à la naissance de leur enfant. Le Conseil des Etats a soutenu jeudi ce projet par 26 voix contre 16, contre l'avis du Conseil fédéral. Il a en revanche rejeté par 29 voix contre 14 un congé de quatre semaines.

L'initiative 'Pour un congé de paternité raisonnable - en faveur de toute la famille' souhaite un congé paternité de 20 jours pouvant être pris de manière flexible dans l'année qui suit la naissance de l'enfant. Elle n'a été soutenue que par les sénateurs de gauche.

Le contre-projet indirect préparé par la commission de la sécurité sociale propose deux semaines de congé. Ces jours sont à prendre dans les six mois suivant la naissance de l'enfant, soit en bloc, soit sous forme de journées isolées.

Effets positifs

'Deux semaines ne sont pas suffisantes', a lancé Didier Berberat (PS/NE). Et d'ajouter qu'il est temps d’entrer dans le 21e siècle. Tous les pays qui nous entourent connaissent soit un congé parental, soit paternité.

Un congé de 20 jours favorise des modèles familiaux plus égalitaires. La fondation d'une famille devient un véritable projet de couple, a-t-il ajouté. De plus, cela laisse la possibilité aux pères de prendre plus de place dans la vie des enfants et aux mères de ne pas être seules.

Le père veut s'engager et doit pouvoir trouver ses marques et prendre confiance en ses capacités, ont rappelé les sénateurs de gauche. Le lien entre père et enfant 'se fait du parfum des bains, s’approfondi dans chaque câlins', a imagé Liliane Maury-Pasquier (PS/GE).

Un congé paternité n'est pas que 'nice to have', a abondé Pirmin Bischof (PDC/SO). Des études prouvent que l'implication des pères dès la naissance à des effets positifs sur la santé de l'enfant et sur ses capacités cognitives.

Difficile pour les PME

Pour l'UDC, les deux projets vont trop loin. Peter Föhn (UDC/SZ) a argué que de nombreuses petites entreprises luttaient pour leur survie. Contrairement à Google ou J&J, elles ne peuvent pas financer un congé paternité.

Mais il ne s'agit pas que de question financière. Qu'il soit de deux ou quatre semaines, un tel congé poserait aussi de grands défis organisationnels, notamment aux PME. Si une solution doit être trouvée, elle doit être 'la plus flexible possible', a ajouté le Schwyzois.

Structures d'accueil

Un congé est bénéfique pour la famille, a reconnu Alain Berset. Le conseiller fédéral ne conteste pas le principe du congé paternité, mais 'le moment'. Le Conseil fédéral préfère privilégier le développement d'une offre d'accueil extrafamiliale et parascolaire.

Le ministre veut pousser la recherche de solutions privées dans les entreprises et soutenir les partenariats privés. Cela n'empêche pas de se reposer régulièrement la question.

Le PLR s'est aussi opposé aux deux projets, mais non au principe du congé paternité, a expliqué Josef Dittli (PLR/UR). Il aurait préféré un congé parental de seize semaines.

Financé par les APG

Le congé paternité sera financé sur le modèle de l'assurance maternité, via les allocations pour perte de gains (APG) et 80% du revenu sont garantis. Pour deux semaines, il faudra augmenter l'actuel taux de cotisation aux APG (0,44%) de 0,06 point, pour quatre semaines, de 0,11 point. La charge financière s'élève à 224 millions de francs par an pour un congé de dix jours, contre 420 millions pour quatre semaines.

Pour y avoir droit, le père devra avoir été assuré durant les neuf mois précédant la naissance de l’enfant, avoir exercé une activité lucrative durant cinq mois et être salarié ou exercer une activité indépendante au jour de la naissance, a précisé Erich Ettlin (PDC/OW) au nom de la commission. La durée des vacances ne doit pas être réduite.

Vacances des pères

Dans la foulée, les sénateurs ont refusé par 33 voix contre 7 de donner suite à une initiative parlementaire d'Andrea Caroni (PLR/AR). L'Argovien souhaitait 'une version Ikea du congé paternité'. Les pères devaient pouvoir fixer plus facilement des vacances autour du moment d'une naissance.

La pratique actuelle sur le marché du travail garantit déjà que les besoins des employés sont pris en considération lors de la fixation des jours de congé. Il n'y a pas lieu pour l'heure de prévoir d’autres modèles de congé.

/ATS
 

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