Le CERN a besoin d'argent pour explorer la physique de demain

La recherche fondamentale est un investissement rentable pour toute la société. Fabiola Gianotti ...
Le CERN a besoin d'argent pour explorer la physique de demain

Le CERN a besoin d'argent pour explorer la physique de demain

Photo: Keystone

La recherche fondamentale est un investissement rentable pour toute la société. Fabiola Gianotti, 55 ans, nouvelle directrice du CERN depuis janvier, en est convaincue. Pour ce faire, l'Europe et la Suisse doivent y consacrer l'argent nécessaire.

'En tant que directrice, je me battrai pour que le CERN et l'Europe aient un projet ambitieux, important et motivant', déclare la nouvelle patronne de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire dans une interview au journal Le Temps parue samedi. Il s'agit notamment de profiler le centre de recherche face à la concurrence croissante de l'Asie.

Alors que les chercheurs décortiquent encore les résultats du Grand collisionneur de hadrons (LHC), le CERN réfléchit déjà à un nouvel accélérateur géant de 100 km. Pour Fabiola Gianotti, cette réflexion s'inscrit sur le long terme, sachant qu'il faut 25 à 30 ans pour faire aboutir une idée si ambitieuse.

Un cappucino par citoyen

Interrogée sur les investissements élevés que nécessitent de tels complexes, l'Italienne relativise. Pour le CERN qui fonctionne sur un budget d'environ un milliard de francs par an, 'cela équivaut à un cappucino par citoyen européen par an'. Mais de tels projets servent surtout à développer des technologies d'avant-garde utiles pour l'industrie, la médecine, l'énergie, etc.

'La recherche fondamentale sert à faire progresser la connaissance', répète-elle. Le fait d'investir 2 à 3% du PIB national dans la recherche comme le fait la Suisse n'est pas hors norme, selon elle. Le monde politique doit comprendre que l'impact de ses décisions ne colle pas toujours au rythme de la recherche scientifique.

Coupes contre-productives

Pour elle, il est contre-productif de couper dans la recherche et la formation. Se contenter d'acheter les compétences techno-scientifiques à l'étranger conduit à se priver de retours économiques importants. Et de citer l'exemple du CERN: 'Chaque franc suisse ou euro investi par ses deux pays hôtes, la Suisse et la France, en rapporte entre deux et six, sous différentes formes'.

Rien que le LHC devrait rapporter trois milliards d'euros d'ici à 2025, date de l'arrêt de la machine. Pour la directrice, les plus de 4000 jeunes en formation représentent aussi un investissement difficilement chiffrable, puisque la moitié d'entre eux restera dans la recherche tandis que l'autre se dirigera vers l'industrie ou la finance.

/ATS


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