La police a réalisé plus de 9000 inculpations en 2015

La violence domestique est 'largement répandue' en Suisse, a constaté mardi le Bureau fédéral ...
La police a réalisé plus de 9000 inculpations en 2015

La police a réalisé plus de 9000 inculpations en 2015

Photo: Keystone

La violence domestique est 'largement répandue' en Suisse, a constaté mardi le Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes (BFEG) lors d'un congrès à Berne. En 2015, la police est intervenue 14'000 fois dans ce domaine, procédant à 9195 inculpations.

Alors que 13% des personnes lésées étaient des mineurs, des enfants étaient présents dans plus de la moitié des interventions, et âgés de moins de sept ans dans 40% des cas. Trente-six personnes ont été tuées, dont huit enfants en âge préscolaire. Quatre cinquièmes des inculpations concernaient des hommes.

'Les auteurs doivent se confronter à leur violence et changer leur comportement', a insisté la directrice du BFEG Sylvie Durrer, citée dans un communiqué. Le travail avec les auteurs de violence domestique est capital pour assurer la protection des enfants et interrompre la transmission de ces comportements d'une génération à l'autre.

L'Association professionnelle suisse de consultations contre la violence (APSCV) a pour sa part estimé que 1500 personnes auteures de violence ont recouru à un service de consultation l'an dernier.

Entretien proactif

Si 25 cantons proposent des offres de consultation pour les femmes et les hommes, il est rare que les autorités ordonnent aux personnes concernées d'y recourir. Le président de l'APSCV Marc Mildner a ainsi estimé qu'il faut plus d'engagement de la part des cantons et une meilleure coordination.

Seuls Lucerne et le Valais sont pour l'heure dotés d'une base légale permettant d'ordonner une consultation obligatoire. Vaud a proposé en septembre un avant-projet de loi en ce sens.

Huit cantons disposent d'une base légale pour un 'entretien proactif' avec les auteurs, alors que d'autres attendent que certains critères soient remplis. Les cantons qui ont inscrit l'entretien proactif dans la loi ont pu augmenter de manière significative le nombre de consultations.

Une astreinte à se présenter à une consultation avec un service spécialisé ou à suivre un programme socio-éducatif montre aux personnes inculpées que leur comportement violent n'est pas toléré. Les offres en la matière existent, mais sont peu sollicitées par les auteurs de violence. Elles permettent pourtant d'améliorer la protection des victimes, note le BFEG.

Le congrès national 'Auteur-e-s de violence domestique' a réuni plus de 250 experts.

/ATS


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