Erwin Sperisen garde le silence face au procureur Yves Bertossa

Le procès en appel d'Erwin Sperisen qui s'est ouvert lundi risque de s'achever plus vite que ...
Erwin Sperisen garde le silence face au procureur Yves Bertossa

Erwin Sperisen garde le silence face au procureur Yves Bertossa

Photo: Keystone

Le procès en appel d'Erwin Sperisen qui s'est ouvert lundi risque de s'achever plus vite que prévu. L'ex-chef de la police nationale civile du Guatemala n'a pas répondu aux questions du procureur Yves Bertossa devant la Chambre pénale d'appel et de révision de Genève.

'Tant que vous ne répondrez pas à mes questions, je refuserai de répondre aux vôtres', a fait savoir Erwin Sperisen. Il aurait voulu que le représentant du Ministère public clarifie ses liens avec TRIAL. Cette ONG qui lutte contre l'impunité a oeuvré à l'arrestation d'Erwin Sperisen, à Genève, en 2012.

Interrogatoire écourté

M. Bertossa a déclaré qu'il n'avait pas à répondre à des questions et l'échange s'est arrêté là. La partie civile et la défense n'ont pas souhaité interroger l'accusé.

Un peu plus tôt, Erwin Sperisen s'était pourtant montré coopératif avec la présidente de la Cour de justice, répondant par le biais de son interprète espagnole à ses sollicitations. Aucun témoin ne sera entendu pour ce procès en appel. Mardi, la journée commencera directement avec le réquisitoire du procureur Yves Bertossa.

En première instance, le double national suisse et guatémaltèque de 44 ans avait été reconnu coupable d'avoir pris part à l'exécution extrajudiciaire de six détenus et d'avoir abattu lui-même un prisonnier, lors d'une opération des forces de l'ordre visant à reprendre en main la prison guatémaltèque de Pavon, en 2006.

En revanche, Erwin Sperisen avait été acquitté des charges de trois autres assassinats de prisonniers qui s'étaient évadés du pénitencier 'El Infernito' en 2005. Le Ministère public va demander à la cour d'appel que l'ex-chef de la police nationale civile du Guatemala soit aussi déclaré coupable de ces faits.

Il clame son innocence

Erwin Sperisen, de son côté, veut obtenir son acquittement complet. Il clame son innocence et affirme n'avoir jamais été membre d'un escadron de la mort chargé d'éliminer des éléments dérangeants, comme ces détenus tués à la prison de Pavon et qui étaient soupçonnés de diriger en secret l'établissement pénitentiaire.

A l'ouverture des débats, la défense de l'accusé a soulevé une série d'incidents. Elle a notamment à nouveau demandé que la mère d'une des victimes de Pavon, qui s'est constituée partie plaignante, soit écartée de la procédure, parce qu'elle aurait été attirée dans ce procès à son insu, sans savoir de quoi il en retournait exactement.

Giorgio Campa et Florian Baier, les deux avocats d'Erwin Sperisen, ont également réclamé l'audition d'une quinzaine de témoins, dont le président du Guatemala à l'époque des faits, Oscar Berger. Toutes les demandes de la défense ont été rejetées par la Chambre pénale d'appel et de révision.

Il a fui le Guatemala

Erwin Sperisen se trouve actuellement détenu à la prison de Champ-Dollon. L'ancien patron de la police guatémaltèque était venu se réfugier en Suisse, en 2007.

Arrivé avec sa famille, Erwin Sperisen a vécu pendant 5 ans à Genève sans être inquiété, avant d'être arrêté en août 2012.

/ATS


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