L'intelligence artificielle au service des oncologues des HUG

L'intelligence artificielle se fait sa place dans le traitement des cancers aux HUG. Depuis ...
L'intelligence artificielle au service des oncologues des HUG

L'intelligence artificielle au service des oncologues des HUG

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

L'intelligence artificielle se fait sa place dans le traitement des cancers aux HUG. Depuis cet été, l'institution genevoise utilise un puissant moteur de recherche qui passe en revue les publications scientifiques sur la base des données génétiques de chaque tumeur.

Le recours à l'interface Watson for Genomics développée par IBM est une première européenne pour un hôpital public, relèvent mercredi les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). En test depuis l'été 2018, cette technique d'analyse est opérationnelle aux HUG depuis juin dernier. Huit patients ont déjà bénéficié de cet outil.

Jusqu'à présent l'oncologue-généticien pouvait mettre jusqu’à 160 heures pour compulser manuellement la littérature scientifique sur une tumeur, a expliqué à Keystone-ATS Rodolphe Meyer, directeur adjoint aux Systèmes d’Information (DSI) des HUG. Watson for Genomics effectue cette tâche en environ 15 minutes, souligne ce spécialiste.

Le moteur de recherche établit un rapport qui comporte des références d'articles avec des résumés et des liens directs sur les publications. Pour y parvenir, Watson for Genomics a besoin des résultats du séquençage du génome de la tumeur. Ces données sont envoyées anonymement au géant américain IBM avec l'accord du patient. Elles sont supprimées à la fin de l'analyse bibliographique.

Plus puissants

Médecin et informaticien, Dr. Meyer a su convaincre les soignants d'avoir recours à ce programme dont les secrets de conception restent bien gardés par IBM. 'L'objectif n'est pas de remplacer l'oncologue, mais de lui octroyer davantage d’efficience', explique Dr. Meyer. Il a aussi dû oeuvrer en aval avec les juristes pour garantir une totale confidentialité et la protection des données.

Au total, 250 patients suivis dans le cadre du Réseau romand d'oncologie seront concernés par le recours à cet outil d'intelligence artificielle d’ici à l’été 2020. A terme, le nombre de patients tout comme le nombre de gènes analysés pourraient augmenter. Le montant du contrat qui lie les HUG à IBM n'a pas été communiqué.

Le meilleur protocole

A noter que d'autres établissements hospitaliers en Suisse utilisent Watson for Oncology, un système qui propose un traitement aux oncologues sur la base des données fournies. Watson for Genomics ne recommande pas de traitement, il passe uniquement en revue ce qui est fait ailleurs dans le monde pour traiter un type précis de tumeur. 'Les oncologues peuvent s'inspirer de ce que font les autres pour faire leurs choix et proposer le meilleur protocole', souligne Dr. Meyer.

/ATS
 

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