L'ASIN monte au créneau contre « l'arnaque » de la libre circulation

La libre circulation des personnes avec l'UE est une arnaque, 'on étouffe' en Suisse à cause ...
L'ASIN monte au créneau contre « l'arnaque » de la libre circulation

L'ASIN monte au créneau contre

Photo: KEYSTONE/ANTHONY ANEX

La libre circulation des personnes avec l'UE est une arnaque, 'on étouffe' en Suisse à cause d'elle. L'Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) a lancé jeudi sa campagne en faveur de son initiative populaire pour y mettre un terme.

Le résultat du scrutin du 17 mai sur l'initiative 'pour une immigration modérée' sera décisif pour l'avenir des jeunes en Suisse, a estimé devant la presse le conseiller aux Etats Marco Chiesa (UDC/TI), vice-président de l'ASIN. L'accord sur la libre circulation 'fait très mal', il a entraîné l'arrivée de plus d'un million de personnes et les infrastructures n'ont pas suivi.

Le Tessinois a surtout dénoncé une situation intenable au Tessin sur le marché du travail. En 2017, il y avait plus de travailleurs étrangers que de Suisses, la population tessinoise avait un risque de pauvreté deux fois plus élevé (30%) que la moyenne helvétique et 38% des jeunes n'ont pas trouvé de travail juste après leur diplôme.

Pour M. Chiesa, il faut cesser de dire que le Tessin est un cas à part. Le canton fait partie de la Suisse et comme les autres, il doit pouvoir offrir une perspective à sa jeunesse.

Comme du dopage

La libre circulation est à la Suisse ce que le dopage est au cyclisme, a illustré Kevin Granger, coordinateur de l'ASIN en Suisse romande. Soit 'une arnaque' visant à augmenter les performances au prix d'effets secondaires catastrophiques.

Comme les cyclistes, la Suisse a eu l'impression que ses performances augmentaient continuellement avec la libre circulation. Mais 20 ans plus tard, bétonnage intensif, artères bouchées, retraites menacées, dumping salarial, marginalisation des seniors sur le marché de l'emploi et explosion des coûts de la santé 'amènent gentiment à l'étouffement du patient', selon M.Grangier.

UE sous pression

La Suisse doit reprendre son immigration en main. Contrairement à ce que disent les milieux économiques et le Conseil fédéral, si le peuple dit 'oui' le 17 mai, la pression sera sur les épaules de la Commission européenne. Consommateurs et entreprises européennes voudront continuer à travailler avec les Suisses, a assuré le Vaudois.

Avec la libre circulation, la croissance a continué à l'échelle nationale, mais la richesse par habitant n'augmente plus, a relevé la lycéenne Stephanie Gartenmann. La Suisse n'est pas seule à vouloir reprendre le contrôle de l'immigration. Même la France a commencé à le faire et le Royaume-Uni a quitté l'UE notamment à cause de la libre circulation des personnes, a-t-elle illustré.

La pression sur les salaires a augmenté et les mesures d'accompagnement sont inopérantes. Seul un cinquième des étrangers sont venus combler une pénurie de main d'oeuvre, un quart sont arrivés dans le cadre du regroupement familial et le nombre d'étrangers bénéficiaires de l'aide sociale a augmenté.

Le Conseil fédéral a beau dire que tout va bien, les citoyens vivent les problèmes au quotidien. Il a d'ailleurs reconnu que l'immigration risquait d'évincer les seniors du marché du travail puisqu'il propose une rente-pont pour les chômeurs en fin de droit de plus de 60 ans, a fait valoir M.Chiesa.

600'000 francs

Les migrants ne doivent plus pouvoir s'installer en Suisse selon leur bon plaisir, mais en fonction des besoins du pays, a résumé Camille Lothe de la Jeune ASIN.

Si l'initiative est acceptée par le peuple, les autorités auront un an pour négocier la fin de l'accord sur la libre circulation avec Bruxelles. Faute de solution dans ce délai, le Conseil fédéral devra dénoncer le texte dans le mois qui suit. Avec le risque de faire tomber l'ensemble des accords bilatéraux I en raison de la clause guillotine.

Sous le slogan 'on étouffe', l'ASIN fera campagne avec un budget d'environ 600'000 francs. Elle développe ses arguments sur le site www.deborde.ch. Les détails de la campagne de son alliée l'UDC n'ont pas encore été dévoilés. Le Conseil fédéral et les autres partis s'opposent à l'initiative.

/ATS
 

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