En Suisse alémanique, les « Tiertafel » aident les animaux

Les 'cartons du coeur' pour animaux ne sont que peu ou pas connus en Suisse romande. Outre-Sarine ...
En Suisse alémanique, les « Tiertafel » aident les animaux

En Suisse alémanique, les

Photo: KEYSTONE/GAETAN BALLY

Les 'cartons du coeur' pour animaux ne sont que peu ou pas connus en Suisse romande. Outre-Sarine, plusieurs organisations bénévoles, appelées 'Tiertafel', fournissent nourriture et accessoires aux animaux dont les propriétaires sont dans le besoin.

Perte d'emploi, incapacité de travailler, rente AVS trop chiche ou divorce: autant de raisons qui font que les propriétaires d'animaux peuvent avoir besoin d'aide. Si l'argent vient à manquer, le fardeau est d'autant plus lourd à porter s'il faut encore nourrir médor ou minet.

Dans ces situations difficiles, il est d'autant plus important de pouvoir garder son animal, souligne Sabrina Rein, qui s'occupe du 'Verein Schweizer-Tiertafel.ch' à Lausen (BL). Pour ces personnes, la seule motivation de sortir est souvent leur chien. Il serait regrettable de devoir renoncer à son compagnon pour des raisons économiques.

L'association a été créée en avril dernier pour les deux Bâle. Entretemps, elle a essaimé à Schaffhouse, Saint-Gall et Berne. L'objectif est de mettre sur pied une section dans chaque canton, explique sa co-fondatrice et vice-présidente Sabrina Rein.

L'organisation avise les offices de l'aide sociale de son existence. Ceux-ci informent leurs clients possédant un animal domestique ou les mettent directement en contact avec la 'Tiertafel'.

Beaucoup de familles monoparentales

'La demande est très importante', observe Sabrina Rein: rentiers AI ou retraités, jeunes familles, jeunes au chômage, 'beaucoup de familles à un seul parent'. Peu importe pourquoi ces personnes sollicitent un soutien pour leur animal, que ce soit l'alcool ou un coup du sort, qu'elles soient à l'aide sociale ou non.

Si ces associations fournissent nourriture et accessoires pour animaux, les frais vétérinaires ne sont pas pris en charge. Le but est d'encourager les responsabilités individuelles, explique Sabrina Rein. 'Certains sont d'ailleurs fiers de pouvoir payer le vétérinaire s'ils ont pu faire des économies sur la nourriture.'

L'organisation bâloise facilite tout de même les consultations: par exemple le samedi, pour 15 francs, chez les vétérinaires qui jouent le jeu. Les éventuels traitements ultérieurs sont exclus. Des discussions sont aussi en cours avec la branche pharmaceutique pour obtenir des produits au meilleur prix.

Pas d'abus

Les associations 'Tiertafel' n'aident que les animaux déjà présents dans un foyer et celle de Lausen au maximum deux par personne. 'Il n'y a pas d'abus, tout est contrôlé et inscrit sur des fichiers', assure Sabrina Rein. 'De plus, on le remarque, quand quelqu'un revient chercher de la nourriture pour son chien alors que la ration devait durer un mois.'

Les tâches administratives sont lourdes, observe Sabrina Rein, qui y consacre une vingtaine d'heures par semaine. Ce travail comprend des contacts avec les autorités, notamment l'Office vétérinaire fédéral, qui doit donner son feu vert aux locaux destinés à la conservation de la nourriture.

Il faut également un local pour la distribution et le stockage, qui peuvent coûter passablement. Pour éviter ces frais supplémentaires, Sabrina Rein et sa collègue organisent la distribution de nourriture chez elles. 'Mais nous avons de la chance de pouvoir le faire', souligne-t-elle.

Le travail bénévole ne doit pas être sous-estimé, explique aussi Moni Baltensperger, responsable de la 'Tiertafel' de Winterthour: si la distribution de nourriture se fait en deux heures, il faut consacrer un jour par semaine pour la collecter.

A Winterthour, la 'Tiertafel' cible avant tout les personnes âgées, à bas revenus et les chômeurs. Son fichier compte une quarantaine de personnes. A chaque distribution, le mercredi, de six à huit personnes se présentent. Les propriétaires de chiens viennent plus rarement, parce qu'ils reçoivent de gros sacs.

Grosses quantités

Les quantités sont considérables et Mme Baltensperger doit régulièrement acheter elle-même de la nourriture humide. 'Je ne peux donc pas en plus assumer les frais du vétérinaire', explique-t-elle. A Zurich, il existe toutefois le 'Gassentierarzt', un vétérinaire 'de rue' mis sur pied par la fondation à but social du pasteur Sieber.

'Nous vivons uniquement de dons', disent aussi bien Sabrina Rein que Moni Baltensperger. A Lausen et Winterthour, comme dans les autres 'Tiertafeln', la nourriture est financée par des donateurs privés ou fournie directement par la Protection suisse des animaux et certains grands distributeurs de produits pour animaux de compagnie.

/ATS
 

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