Droite et gauche à couteaux tirés à propos du futur de la CPEG

Sauf énorme surprise, les Genevois voteront le 19 mai sur deux lois contradictoires de recapitalisation ...
Droite et gauche à couteaux tirés à propos du futur de la CPEG

Droite et gauche à couteaux tirés à propos du futur de la CPEG

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Sauf énorme surprise, les Genevois voteront le 19 mai sur deux lois contradictoires de recapitalisation de la Caisse de prévoyance de l'Etat de Genève (CPEG). Des référendums avaient été lancés contre ces lois. Leurs signatures ont été déposées lundi.

A droite, on combat le projet défendu par les syndicats des fonctionnaires, la gauche et le MCG. Le PLR et le PDC ont annoncé avoir réussi à récolter 8815 signatures pour leur référendum. A gauche, on a indiqué avoir recueilli 10'176 signatures contre la loi élaborée par le gouvernement et soutenue par la droite.

Pour faire aboutir un référendum dans le canton de Genève, il faut disposer de 5227 signatures valables. Les deux référendums semblent, en l'occurrence, avoir un matelas de paraphes suffisant pour passer l'écueil du décompte effectué par le service des votations et des élections.

Visions opposées

Les deux projets d'assainissement de la CPEG sont opposés sur des points essentiels. Celui qui est soutenu par la droite aboutit à un changement de paradigme. La primauté des prestations est abandonnée au profit du système de la primauté des cotisations. La part de cotisations assumée par les employés augmente aussi.

A gauche, la recapitalisation proposée se fait en partie grâce à la cession à la CPEG de terrains appartenant à l'Etat et sur lesquels pourra être construit du logement à loyer abordable. La primauté des prestations est maintenue. Les deux tiers de la cotisation continuent d'être versés par l'Etat employeur.

Pour le président du PLR Genève Alexandre de Senarclens, la réforme de la CPEG doit être pérenne et équilibrée. Un but que n'atteint que la solution élaborée par le Conseil d'Etat genevois. Les enjeux financiers sont considérables. On parle de 4 à 5 milliards de francs, a précisé le président du PDC Genève Vincent Maitre.

Selon M.Maitre, il est faux de dire que le projet de la gauche va créer du logement. Les terrains visés par la CPEG sont notamment situés dans le futur nouveau quartier du PAV. Des accords déterminent déjà le nombre de logements à cet endroit. Par ailleurs, le logement social coûte plus que ce qu'il ne rapporte, a-t-il noté.

Déjà donné

A gauche, on estime que les fonctionnaires ont déjà fait beaucoup de sacrifices pour sauver leur caisse de prévoyance. Entre 2012 et 2018, les prestations ont diminué de 17%, a fait remarquer Julien Nicolet, délégué du Cartel intersyndical de la fonction publique et militant des Verts.

Le 19 mai, la population pourrait refuser les deux projets qui lui sont soumis. M.Nicolet s'est dit conscient du danger. En cas de double non, des mesures structurelles devraient être prises par le comité de la CPEG pour répondre aux contraintes légales et elles seront douloureuses pour les fonctionnaires.

Le syndicaliste enseignant compte toutefois sur l'attachement de la population envers la fonction publique pour éviter une telle issue. Il a rappelé que les prestations de la CPEG ne sont pas au-dessus de la moyenne. La caisse de prévoyance de la Migros se montre ainsi plus généreuse, a-t-il affirmé.

Troisième référendum

Le dossier de la CPEG s'est encore complexifié récemment avec l'apparition d'un troisième projet. Après avoir voté deux lois contradictoires sur le sujet en décembre, une majorité du Grand Conseil genevois a rajouté une couche, fin janvier, en acceptant une initiative de la gauche sur l'assainissement de la caisse.

Cette initiative s'est du même coup transformée en loi. Le PLR et le PDC ont réagi en lançant un référendum contre ce projet encore plus coûteux pour les contribuables, a relevé M.Maitre. Cette troisième solution d'assainissement de la CPEG devrait faire l'objet, en principe, d'une votation, qui se tiendra après le 19 mai.

/ATS
 

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