Double condamnation pour l'explosion d'une fromagerie à Charmey

La juge de police de la Gruyère a prononcé deux condamnations avec sursis dans l'affaire de ...
Double condamnation pour l'explosion d'une fromagerie à Charmey

Double condamnation pour l'explosion d'une fromagerie à Charmey

Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN BRUN

La juge de police de la Gruyère a prononcé deux condamnations dans l'affaire de l'explosion de la chaufferie d'une fromagerie à Charmey (FR), survenue en août 2012. Le drame avait causé la mort d'un ouvrier âgé de 33 ans et de graves blessures à plusieurs personnes.

Le verdict, lu vendredi à Bulle (FR), a reconnu les deux prévenus coupables d'homicide par négligence, de lésions corporelles graves par négligence, d'incendie par négligence et d'explosion par négligence. L'affaire a suscité beaucoup d'émoi dans la région et la longueur de la procédure a renforcé la douleur des victimes et de leurs proches.

Le premier accusé (42 ans), le technicien qui travaillait sur la canalisation à l'origine du drame, a écopé d'une peine de 180 jours-amendes à 50 francs par jour, assortie d'un sursis de deux ans. Il n'a pas comparu au procès, durement atteint dans sa santé après l'accident qui lui a laissé de lourdes séquelles dues aux brûlures, ce dont la peine tient compte.

Peine plus lourde

Le deuxième accusé (37 ans), le chef du technicien à l'origine de l'explosion causée par une accumulation de gaz, s'est fait plus sévèrement condamner. Il reçoit une peine de 270 jours-amendes à 230 francs par jour, assortie aussi d'un sursis de deux ans, une amende de 3000 francs. Il lui est reproché de ne pas avoir pleinement assumé sa fonction de responsable des travaux.

Le supérieur hiérarchique se verra en outre punir de 30 jours de privation de liberté s'il ne devait notamment ne pas s'acquitter de son amende. Globalement, la juge de police a estimé que l'eau présente dans les conduites aurait dû inciter les prévenus à agir pour éviter l'accident.

Dans les conclusions civiles, il est alloué des montants pour tort moral à la famille de l'homme décédé pour 210'000 francs, à verser solidairement par les condamnés, avec un intérêt de 5% à compter de la date des faits. Les frais de procédure, un peu plus de 50'000 francs, seront partagés à raison de deux tiers pour l'ouvrier et d'un tiers pour le supérieur.

Satisfaction pour les victimes

A l'issue du jugement de première instance, soumis à recours, avec possible ouverture de la voie civile ultérieurement, les défenseurs des victimes ont fait part de leur grande satisfaction. 'C'est une affaire complexe, avec une mort d'homme', a rappelé l'un des avocats après le verdict, sans compter que la prescription guette.

L'avocat du technicien avait plaidé pendant le procès en janvier l'acquittement de son client. Le défenseur du second accusé, qui avait donné avant l'explosion des conseils par téléphone à son subordonné, en avait fait de même. Le Ministère public avait requis pour sa part l'exemption de toute peine, sauf les frais de justice.

Quant aux avocats des parties civiles, se basant sur le 'drame vécu par les proches depuis six ans', ils avaient demandé à ce que les deux accusés soient condamnés à verser plus de 200'000 francs d'indemnités pour tort moral à la famille endeuillée.

Fromagerie toute neuve

Pour rappel, les faits remontent au 30 août 2012. Une explosion a alors détruit la chaufferie de la nouvelle fromagerie La Tzintre, à Charmey (FR). Un homme, venu visiter son frère travaillant sur le lieux, avait trouvé la mort sur le coup et quatre employés avaient été blessés, dont deux grièvement.

Une quinzaine de personnes présentes sur les lieux s'en étaient cependant sorties indemnes. Les dégâts matériels ont atteint 1,3 million de francs. Pas moins de 6000 meules de fromage d'alpage étaient entreposées dans les locaux: du vacherin et du gruyère.

La procédure a pris passablement de temps. Dans un premier temps, le Ministère public voulait sanctionner le principal accusé d'une ordonnance pénale. La démarche avait suscité l'opposition des parties civiles, causant un premier renvoi en 2016, suivi d'un complément d'enquête.

/ATS
 

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