Deux tiers des psychothérapeutes doivent refuser des patients

Deux tiers des psychothérapeutes doivent régulièrement refuser, par manque de capacités, des ...
Deux tiers des psychothérapeutes doivent refuser des patients

Deux tiers des psychothérapeutes doivent refuser des patients

Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

Deux tiers des psychothérapeutes doivent régulièrement refuser, par manque de capacités, des personnes qui recherchent un traitement. Les problèmes psychiques se sont aggravés pendant la pandémie, selon un sondage menés auprès de 1700 psychologues.

La deuxième vague de la pandémie de Covid-19 a encore accru la charge psychique pesant sur les Suissesses et les Suisses, rappelle la Fédération suisse des psychologues (FSP) jeudi dans un communiqué. Elle juge 'désormais urgent de combler les lacunes de prise en charge déjà identifiées avant la pandémie'.

La FSP, l'Association suisse des psychothérapeutes (ASP) et l'Association professionnelle suisse de psychologie appliquée (SBAP) ont mené une enquête auprès de 1700 psychologues. Près de 90% d'entre eux indiquent que la situation s'est aggravée pour leurs patients pendant la pandémie, et que certains ont développé de nouveaux troubles.

Les problèmes les plus cités sont les dépressions, les troubles anxieux et obsessionnels, les problèmes familiaux ou de couple, ou les problèmes au travail.

Cette évolution augmente la charge de travail pour 60% des psychologues sondés. Deux tiers des psychothérapeutes doivent régulièrement refuser des demandes ou les transmettre à d’autres services.

Plus de 6 mois d'attente

'Dans les zones rurales et lorsque des enfants et des adolescents étaient concernés, les patientes et les patients devaient parfois attendre jusqu’à six mois pour obtenir une place de thérapie' avant la pandémie, indique Yvik Adler, coprésidente de la FSP.

Par ailleurs, 86% des psychothérapeutes indépendants indiquent que des personnes en détresse psychique renoncent à suivre une thérapie pour des raisons financières. Et nombre de patients sont dans l’obligation d’interrompre prématurément un traitement pour des raisons financières.

Les prestations des psychologues-psychothérapeutes indépendants ne sont pas prises en charge par l’assurance de base. Elles doivent être payées par les patients. Le Conseil fédéral projette une réforme qui vise à régler ce problème et à accélérer la prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiques.

Pression sur le Conseil fédéral

Il propose que les prestations fournies par des psychologues, formés en psychothérapie, soient remboursées par l’assurance maladie de base. Mais elles doivent avoir été prescrites par un médecin. Les thérapeutes doivent aussi posséder une qualification appropriée ainsi qu’une autorisation de pratiquer délivrée par le canton.

'Nous souhaitons à présent que le Conseil fédéral agisse vite', demande Christoph Adrian Schneider, président de la SBAP. Il juge la situation actuelle inacceptable. Des traitements effectués à un stade précoce permettraient en effet de réaliser des économies de l’ordre de 500 millions de francs par an, souligne-t-il.

/ATS
 

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