Deux hommes au tribunal pour l'homicide de Frasses (FR) en 2013

Deux hommes comparaissent depuis mercredi devant la justice fribourgeoise pour un homicide ...
Deux hommes au tribunal pour l'homicide de Frasses (FR) en 2013

Deux hommes au tribunal pour l'homicide de Frasses (FR) en 2013

Photo: Keystone

Deux hommes comparaissent depuis mercredi devant la justice fribourgeoise pour un homicide à Frasses en 2013, sur fond d'une guerre de clans kosovars. Soupçonnés d'avoir assassiné un jeune père devant ses enfants, ils risquent la prison à vie.

Le procès relève du Tribunal pénal de la Broye, mais se déroule exceptionnellement au Tribunal de la Glâne à Romont, avec un important dispositif de sécurité. L'affaire est complexe et tendue.

L'audience a d'ailleurs commencé par des invectives entre un avocat de la défense et un avocat des parties civiles. L'un a reproché à l'autre d'avoir manqué de discrétion durant la procédure et d'avoir mis ainsi en danger la famille du prévenu au Kosovo.

Selon le Ministère public, ce crime est une vengeance dans le cadre d'un long conflit sanglant entre deux familles suspectées de trafic de stupéfiants. Leurs affrontements au Kosovo depuis quinze ans ont fait beaucoup de victimes, parmi lesquelles plusieurs enfants.

Les prévenus sont deux amis de 33 et 32 ans. Le premier, originaire du Kosovo, est proche d'une des familles, et il a perdu son frère en 2003 dans le cadre de ce conflit. L'autre, originaire de Macédoine, n'était pas concerné personnellement par cette guerre de clans.

Guet-apens

Quant à la victime, un Italien d'origine kosovare de 36 ans, il faisait partie du camp adverse. Il a été tué devant sa fiancée et leurs deux enfants d'à peine six mois et deux ans, ainsi que ses deux enfants de six et huit ans nés d'un premier mariage.

Le 11 mai 2013 vers minuit, il rentrait en voiture avec sa famille après avoir passé la soirée chez sa soeur. Il est sorti du véhicule parqué devant son garage. Deux hommes ont surgi et ont tiré sur lui. Il a essayé de fuir mais s'est effondré. Atteint par une quinzaine de balles, il est mort sur place. Ses assaillants ont fui.

L'acte d'accusation du Ministère public expose deux hypothèses: soit les deux prévenus ont eux-mêmes tué la victime, soit ils ont véhiculé les tueurs - deux autres personnes encore inconnues - et leur ont fourni des armes. Mercredi, le procureur a annoncé soutenir la première hypothèse.

Les accusés nient

Les accusés, eux, ont continué à contester toute participation à l'homicide. Ils ont été peu loquaces devant le juge. Ils risquent pourtant la prison la vie, qui ne permet pas de demande de libération avant 15 ans.

Ils n'ont pas fourni non plus d'explication à ce fait troublant: une nuit de 2010, trois ans avant les faits, ils avaient été interpellés par la police à Estavayer-le-Lac. L'un d'eux, suspecté alors de cambriolage, était dans un jardin privé à moins de cent mètres du domicile où résidait la victime à l'époque.

De son côté, la compagne de l'homme décédé a dit avoir perdu le sommeil et vivre dans la peur. Elle a aussi souligné combien la situation était difficile pour son fils. Elle est partie civile dans ce procès avec ses enfants, de même que la soeur et la mère de la victime, et aussi l'ex-épouse au nom de leurs deux enfants.

La vie de cet homme était centrée en Suisse, selon ses proches. Il n'allait que rarement au Kosovo, pour voir sa mère. Il craignait de s'y faire tuer. Du reste, quelques jours avant le crime, une menace de mort était inscrite sur le capot de sa voiture d'entreprise.

Le procès reprendra le jeudi 21 janvier, avec le réquisitoire et les plaidoiries. Le verdict devrait tomber le 29 janvier.

/ATS


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