Détention préventive prolongée après l'incendie de Frütigen (BE)

Le Tribunal fédéral a rejeté un recours de l'homme arrêté après l'incendie d'une ferme le 15 ...
Détention préventive prolongée après l'incendie de Frütigen (BE)

Détention préventive prolongée après l'incendie de Frütigen (BE)

Photo: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Le Tribunal fédéral a rejeté un recours de l'homme arrêté après l'incendie d'une ferme le 15 février 2018 à Frütigen (BE). Le corps d'une femme avait été retrouvé dans les décombres. Le recourant s'élevait contre la prolongation de sa détention préventive.

L'incendiaire présumé avait été arrêté en France dans les jours qui avaient suivi le sinistre. Il avait été extradé vers la Suisse le 20 mars 2018 et mis en détention préventive dans le cadre de l'enquête menée par la justice bernoise pour homicide intentionnel, incendie et atteinte à la paix des morts.

Dans un arrêt publié mardi, le Tribunal fédéral rappelle que la détention préventive est justifiée lorsque la personne arrêtée est fortement soupçonnée d'un délit et qu'il est à craindre qu'elle ne prenne la fuite. La prolongation de cette mesure implique que les soupçons soient concrets et tendent à se renforcer.

La haute cour considère que le Tribunal des mesures de contrainte de l'Oberland pouvait se fonder sur l'expertise médico-légale et les conclusions de la police scientifique. Les légistes pensent ainsi que la victime était déjà morte au moment de l'incendie. L'état du corps ne leur permet pas en revanche de déterminer précisément le moment du décès qui a pu intervenir le jour même du sinistre ou dans les trois semaines qui ont précédé.

Accélérateur de feu

Dans leur rapport, les spécialistes de la police scientifique signalent des traces d'utilisation d'un produit accélérateur de feu. Ils excluent que les endroits incriminés aient pu être contaminés par le mazout du chauffage. Le fait qu'aucun accélérateur de feu n'ait été découvert à proximité du corps n'exclut pas que l'incendie ait été allumé afin de camoufler le crime. Il peut s'expliquer par la volonté de l'incendiaire de simuler un accident.

De son côté, le recourant, qui avait une relation avec la victime depuis des années, affirme que cette dernière aurait succombé à une overdose. Lors de la crise qui aurait précédé la mort, elle aurait lâché une cigarette ou un joint, ou encore renversé une bougie.

Selon les juges de Mon Repos, leurs confrères bernois pouvaient aussi se fonder sur le comportement du suspect. Les enquêteurs ont découvert qu'il parlait quotidiennement au téléphone et échangeait des messages avec son amie jusqu'au 9 février 2018. Le silence radio qui a régné dès cette date pourrait indiquer que la femme était alors passée de vie à trépas.

Enfin, la fuite du recourant en France et ses déclarations aux policiers bernois qui l'ont ramené en Suisse peuvent être interprétées à charge. Ainsi, l'homme a expliqué qu'il avait évité toutes les caméras de surveillance de trafic et suivi un itinéraire détourné vers sa destination. (arrêt 1B_257/2018 du 24 août 2018)

/ATS
 

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