Des amants accusés d'assassinat devant la justice jurassienne

Une femme et son amant comparaissent depuis lundi devant la justice jurassienne pour répondre ...
Des amants accusés d'assassinat devant la justice jurassienne

Une femme et son amant comparaissent depuis lundi devant la justice jurassienne pour répondre notamment d'assassinat. L'homme est accusé d'avoir tué à Delémont le mari puis d'avoir mis le feu à l'appartement pour maquiller le crime en accident.

'Je pense que je regretterai jusqu'à la fin de ma vie', a déclaré l'accusé, un ressortissant afghan dont les propos sont traduits. 'J'aimerais m'excuser auprès de la famille de la victime', a-t-il ajouté lors de l'audience qui se déroule en huis clos partiel en raison des mesures pour endiguer le Covid-19.

Selon l'acte d'accusation, l'amant se rend le 18 février 2018 dans le salon où dort le père de famille, également un ressortissant afghan et ses deux plus jeunes enfants. Après l'avoir frappé à la tête à plusieurs reprises avec une massette, il se rend compte que la victime est toujours vivante.

L'accusé aurait alors traîné sa victime à la cuisine, ouvert le gaz de la cuisinière et répandu de l'essence autour du corps. Il aurait mis alors le feu, provoquant deux explosions et un incendie. L'époux meurt suite à une intoxication au monoxyde de carbone.

L'incendiaire présumé aurait retrouvé sur le palier de l'appartement la mère de famille qui rentrait avec son fils aîné. Il aurait remis à l'enfant son sac à dos contenant la massette ensanglantée et la bouteille de PET partiellement remplie d'essence pour qu'il le dépose à la cave.

Rôle de l'épouse

Alors que l'incendie s'est déclaré, la mère de famille va chercher ses deux enfants restés dans l'appartement sans se soucier de l'état de la victime. Le Tribunal de première instance devra définir son rôle , notamment de savoir si elle a agi comme instigatrice, complice ou alors est totalement étrangère à cette affaire.

Ce réfugié afghan a déclaré être le seul responsable de la mort du mari. La femme avec qui il entretenait la relation amoureuse ne lui aurait jamais demandé de le tuer. La prévenue a expliqué qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle devait comparaître devant le tribunal, ajoutant n'avoir rien fait.

Elle a rejeté avec véhémence la traduction des messages whats'app qui la mettent en cause dans cette sordide affaire. 'Je suis mise en cause par des traductions et je ne les accepte pas'. 'Avec cette traduction, j'ai perdu trois ans de ma vie et mes enfants', a ajouté cette femme.

Tentative d'empoisonnement

Les amants auraient d'abord planifié de tuer par empoissonnement ce père de famille en dissolvant des médicaments dans son café, selon l'accusation. Mais ce mélange aurait eu pour seul effet que de l'endormir. Pour cette raison, les deux prévenus doivent également répondre de délit manqué de meurtre.

L'homme est aussi poursuivi pour incendie intentionnel qualifié ayant mis en danger la vie des deux enfants restés dans le salon et des locataires de l'immeuble. 'Le feu n'était pas prévu au départ', a affirmé le prévenu qui n'a pas véritablement expliqué les mobiles de son geste, évoquant une émotion de colère.

Dix parties plaignantes sont représentées dans ce dossier. Parmi elles, les trois enfants placés dans une famille d'accueil et scolarisés.

/ATS
 

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