Des ONG ne veulent plus de renvois de requérants vers la Hongrie

La Suisse accélère les renvois, traitant prioritairement les cas Dublin, dénonce Amnesty International ...
Des ONG ne veulent plus de renvois de requérants vers la Hongrie

Des ONG ne veulent plus de renvois de requérants vers la Hongrie

Photo: Keystone

La Suisse accélère les renvois, traitant prioritairement les cas Dublin, dénonce Amnesty International. La politique d’asile de la Suisse bafoue les droits des réfugiés en refoulant des personnes vers des pays comme l’Italie, la Grèce ou la Hongrie, estiment des ONG.

Face à cette évolution, Amnesty International (AI), l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés, le Centre social protestant, Solidarité sans frontières, le service d’assistance juridique Copera et le mouvement citoyen Collectif R tirent la sonnette d’alarme. Denise Graf, experte de l’asile auprès de la Section suisse d‘AI, met en garde: 'Nos équipes documentent presque chaque jour de graves atteintes aux droits humains en Hongrie, en Italie, en Grèce, dans la mer Egée et le long de la frontière des Balkans.'

Lettre adressée au SEM

'Le 15 octobre 2015, nous avons formellement demandé à la Suisse de ne plus renvoyer de réfugiés vers la Hongrie, a poursuivi Denise Graf mardi devant la presse à Berne. Nous n’avons à ce jour reçu aucune réponse à notre lettre adressée au secrétaire d’Etat Mario Gattiker.'

Au lieu de cela, le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) a prononcé plus de 3500 renvois Dublin durant les six derniers mois tout en sachant que moins d’un tiers d’entre eux seulement pourrait être exécuté, relève encore la spécialiste. Cette politique a eu pour effet d’exclure des milliers de requérants d’asile d’un accueil immédiat dans des centres d’aide d’urgence, pour finalement les reprendre dans la procédure normale après avoir constaté l’impossibilité de leur renvoi vers l’Italie ou vers la Hongrie.

Les victimes de cette politique sont essentiellement les Erythréens, dont moins de 6,5% ont pu être renvoyés dans le pays d’entrée dans l’espace Schengen (principalement l’Italie). C'est aussi le cas de Syriens (moins de 20%) ainsi que d'Afghans (moins de 15%).

Hongrie: comme en Grèce en 2008-2009

L‘Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) est confrontée depuis des années à la réalité du système de Dublin. Adriana Romer, en charge du dossier européen dans cette organisation, constate: 'La situation actuelle en Hongrie est comparable à celle de la Grèce en 2008-2009. Nous ne pouvons pas à nouveau attendre pendant deux ans une décision de la Cour européenne des droits de l’homme avant de pouvoir aider les personnes qui ont besoin d’être protégées, n’ont accès à aucune procédure d’asile et s’exposent à des traitements inhumains.'

Amnesty International n'appelle pas seulement la Suisse, mais également tous les pays européens, à cesser immédiatement tous les renvois vers la Hongrie. Elle se base pour cela sur un récent rapport, daté du 8 octobre 2015, et faisant état de multiples violations du droit international dans ce pays.

De plus, Amnesty International et les différentes organisations appellent le Conseil fédéral à traiter directement les demandes d’asile relevant des cas Dublin et de permettre à beaucoup plus de réfugiés de s’installer en Suisse. Ils l'incitent aussi à participer activement à une réforme du système d’asile européen.

/ATS


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