De la dioxine découverte dans des sols des hauts de Lausanne

Des teneurs en dioxines et furanes ont été détectées dans le secteur de l'avenue Victor Ruffy ...
De la dioxine découverte dans des sols des hauts de Lausanne

De la dioxine découverte dans des sols des hauts de Lausanne

Photo: KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

Des teneurs en dioxines et furanes ont été détectées dans les hauts de Lausanne. Suite à des tests menés en collaboration avec le canton sur 49 sites en ville, dix-huit dépassent la valeur limite. L'accès à neuf d'entre eux considérés comme sensibles a été restreint.

La pollution aux dioxines a été constatée dans le cadre du projet de parc agro-écologique sur les parcelles de la Ville entre Chailly et la Sallaz. 'Le dossier est sérieux, mais nous ne sommes pas dans un état de crise alarmante', a déclaré Natacha Litzistorf, directrice lausannoise du logement, de l'environnement et l'architecture, mercredi devant la presse.

Héritage du passé

Suite à cette découverte, la Ville s'est tournée vers le canton qui a mené des analyses complémentaires sur 49 sites à proximité. Les autorités se veulent rassurantes: en respectant les mesures de prévention d'usage, cette ancienne pollution ne présente pas de menace imminente pour la santé. Elle est probablement liée à l'ancienne usine d'incinération du Vallon qui a cessé ses activités en 2005, a ajouté Mme Litzistorf. Des analyses sur le site permettront d'en savoir plus.

Les dioxines sont des substances organiques persistantes en principe générées par un processus de combustion et déposées sur le sol par l'air. Restant en surface, elles étaient générées entre les années 1920 à 1970. Aujourd'hui, ces rejets ont été réduits de plus de 90%, a poursuivi Cornélius Neet, directeur général de l’Environnement du canton.

Les installations actuelles - l'usine d'incinération de Tridel, la STEP de Vidy et le crématoire de Montoie - ne sont pas en cause. L'alimentation en eau potable de la Ville n’est pas non plus menacée par cette pollution.

Des mesures sur neuf sites

Sur les 18 lieux où la valeur-limite de 100 ng/kg (nanogrammes équivalent toxique par kilogramme de sol), édictée par la Confédération, est dépassée, neuf sites dits sensibles nécessitent des mesures d'urgence. Notamment pour protéger les enfants en bas âge susceptibles d'ingérer de la terre, a expliqué M. Neet.

Il s'agit essentiellement des abords de places de jeux et des terrains de sport, par exemple à Sauvabelin, à l'Hermitage ou encore à la Place du Nord, a précisé Mme Litzistorf. A titre préventif, des panneaux informatifs et des barrières seront mis en place d'ici une semaine.

'Il faudrait cependant qu'un enfant absorbe quotidiennement de la terre pour que cela constitue un danger', a expliqué le professeur David Vernez, chef du Département Santé, travail et environnement à Unisanté, chargé d'évaluer les risques de cette contamination.

Risques faibles

La zone où des terrains sont susceptibles de contenir cette dioxine va de l'Usine du Vallon au secteur de Victor-Ruffy et peut concerner des jardins privés. Il est recommandé de laver et éplucher les légumes et de se laver les mains après le jardinage. Les molécules ne se fixent pas sur les légumes, a précisé le professeur. La consommation de cucurbitacées est en revanche déconseillée.

La dioxine s'accumulant dans les graisses animales, il vaut mieux éviter de manger de la viande ou des oeufs de poules produits sur ces terrains. La Ville demande d'ailleurs au public de ne pas consommer les rillettes de cochons laineux de Sauvabelin et de les rapporter dans leurs lieux s'achat.

Si l'ingestion de terre polluée peut s'avérer nocive, voire cancérigène à long terme, il faudrait en absorber une quantité significative, quatre fois par semaine toute l'année pour que cela représente un danger, ont répété les autorités. Le risque est diffus et faible. 'Ce n'est pas Seveso', a relevé M. Neet.

Investigations poursuivies

La Ville a tout de suite mis en veilleuse son projet de parc agro-écologique où se trouvait l'ancienne ferme Aeby et son marché. Des investigations vont être menées pour examiner d'autres sites sensibles d'ici fin juillet. Ensuite, le canton décidera de mesures d'assainissement. Une ligne d'information destinée à la population est ouverte au 021 315 96 96 jusqu'au 28 mai.

Les autorités ont encore relevé que si des valeurs préoccupantes ont été découvertes (entre 100 et 300 ng/kg), le seuil de danger a été établi à 1000 en France et Allemagne. Par ailleurs, la Suisse ne compte quasi pas de cas concrets de pollution à la dioxine qui auraient été analysés et qui auraient permis la comparaison, a noté la municipale.

/ATS
 

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