Confédération et cantons veulent mieux intégrer les réfugiés

Les cantons recevront de la Confédération davantage d'argent pour encourager l'intégration ...
Confédération et cantons veulent mieux intégrer les réfugiés

Confédération et cantons veulent mieux intégrer les réfugiés

Photo: KEYSTONE/ANTHONY ANEX

Les réfugiés doivent accéder plus rapidement au monde du travail. Le Conseil fédéral et les cantons ont pris des mesures pour favoriser leur intégration. Elles ont un coût pour la Confédération, mais elles devraient aussi engendrer des économies dans l'aide sociale.

Les cantons demandaient depuis longtemps à Berne d'augmenter son aide financière. Les deux parties se sont accordées sur un agenda commun en matière d'intégration. La Confédération augmentera à 18'000 francs le montant du forfait d'intégration versé aux cantons, soit trois fois plus que les contributions actuelles de 6000 francs, a expliqué lundi la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

Cette mesure va coûter à la Confédération 132 millions de francs supplémentaires par an. Mais c'est un investissement qui à long terme permettra aussi de faire des économies, a souligné la ministre de la justice. Pour chaque franc investi, les collectivités publiques devraient économiser à long terme jusqu’à quatre francs par personne.

Le montant des subventions versées par Berne au titre de l'aide sociale devrait diminuer globalement de 6000 francs par cas. Le système de financement sera facilité, la charge administrative de la Confédération et des cantons allégée.

Les adultes âgés de 26 à 49 ans qui entrent plus rapidement dans la vie professionnelle permettront au secteur public d’économiser en moyenne environ 90'000 francs par personne. Ces mesures déchargeront aussi le secteur de la formation, a ajouté Mauro Dell'Ambrogio, Secrétaire d'Etat à la formation.

Taux de réussite de 70%

Les mesures concerneront chaque année 11'000 réfugiés reconnus et personnes admises à titre provisoire. La Confédération et les cantons estiment qu’environ 70% de ces personnes en âge de travailler peuvent s'intégrer durablement dans le marché du travail et subvenir à leurs besoins.

Début 2019, les procédures d'asile seront accélérées. Les personnes concernées sauront rapidement si elles peuvent ou non rester en Suisse. Près de 60% d'entre elles ont moins de 25 ans, il faut utiliser ce potentiel et leur offrir des perspectives professionnelles, a relevé Mme Sommaruga. Leur entrée dans le monde du travail améliorera leurs chances de s'intégrer dans la société helvétique, a-t-elle ajouté.

Les représentants des cantons, entourant la conseillère fédérale, se sont tous montrés satisfaits du projet. Le forfait versé actuellement ne permettait même pas de mettre en place les mesures en faveur de l'intégration, a dit le président de la Conférence des gouvernements cantonaux, le conseiller d'Etat saint-gallois Benedikt Würth.

Agenda défini

L'agenda en matière d'intégration devrait être mis en oeuvre au printemps 2019. Il fixe plusieurs objectifs contraignants et prévoit dans l'idéal une acquisition des connaissances de base d'une langue nationale au bout de trois ans. La moitié des adultes devra être insérée au marché du travail après sept ans. Deux tiers des personnes entre 16 et 25 ans devront avoir suivi une formation postobligatoire cinq ans après leur arrivée.

L'agenda a été approuvé le 23 mars par la Conférence des gouvernements cantonaux et par le Conseil fédéral mercredi dernier lors de sa séance hebdomadaire. Il ne concerne que le domaine de l'asile. Les prestations d'intégration destinées aux adolescents et aux jeunes adultes qui arrivent en Suisse par un autre canal feront l'objet d'une évaluation.

Moyens pour les mineurs

Parallèlement à l'agenda, la Confédération et les cantons ont aussi défini des moyens supplémentaires pour les mineurs non accompagnés. Leurs besoins sont différents de ceux des adultes, notamment en matière d'hébergement et d'encadrement. Les surcoûts sont estimés à 100 francs par jour et par personne.

La Confédération prendra à l'avenir en charge 86 francs. Vu leur nombre à fin janvier, les subventions fédérales supplémentaires devraient s'élever à 30 millions de francs cette année.

/ATS
 

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