Cantons appelés à agir à agir contre les violences antipolicières

Les violences antipolicières se multiplient. Le Conseil fédéral a condamné vendredi cette évolution ...
Cantons appelés à agir à agir contre les violences antipolicières

Cantons appelés à agir à agir contre les violences antipolicières

Photo: KEYSTONE/OLIVIER MAIRE

Les violences antipolicières se multiplient. Le Conseil fédéral a condamné vendredi cette évolution. Selon lui, il faut trouver des solutions pour protéger les employés de l'Etat. Il s'en remet aux cantons, également pour régler l'usage des armes par la police.

Selon une enquête menée auprès de 22 corps de police, 1171 personnes ont été victimes l'an dernier de violence ou de menace, soit 8,63% des effectifs. Si on extrapole à l'ensemble des policiers, le chiffre devrait s'établir à quelque 1600 personnes.

Toujours selon les réponses fournies, douze personnes se sont retrouvées en incapacité de travail ou en congé maladie, pour une durée cumulée d'absence de 1300 jours et un coût de plus de 1,3 million de francs. Et les chiffres réels devraient être nettement plus élevés.

La violence peut prendre plusieurs formes: coups, crachats, bousculades ou morsures. A quoi s'ajoutent des menaces verbales et des injures. Selon un sondage auprès des fonctionnaires de police, 83,2% des personnes interrogées ont été victimes d'injures ces trois dernières années, 55% de voies de fait, 45,6% de menaces et 18,8 % de lésions corporelles.

Les policiers ne sont pas les seuls concernés. Gardes-frontière et assistants sociaux sont aussi régulièrement confrontés à la violence. Les causes sont multiples. La palette des agresseurs va du citoyen agissant sous le coup de l'émotion aux extrémistes politiques, en passant par les quérulents et les hooligans.

Aux cantons d'agir

Le Conseil fédéral a déjà pris des mesures pour combattre le phénomène. L'harmonisation des peines dans le code pénal et la réforme du droit des sanctions, qui prévoit la réintroduction de courtes peines de prison dans certaines circonstances, permettront d'aller de l'avant, précise le gouvernement dans un rapport demandé par le Parlement.

Les réglementations de droit pénal ne constituent néanmoins qu'un élément parmi d'autres. Et, fédéralisme oblige, les possibilités d'intervention de la Confédération sont clairement limitées. Le gouvernement estime avoir pour l'heure épuisé sa marge d'action et se retourne vers les cantons.

Pour prévenir la violence, il est essentiel de transmettre le respect mutuel dans le cadre familial et scolaire, mais aussi de le valoriser par un travail ciblé de relations publiques. Une discussion sur des mesures de sensibilisation efficaces devrait être lancée.

La mise en place d'un système de gestion des risques, tel qu'il existe en Suisse centrale, serait judicieux. Pour mieux appréhender le problème, il faudrait éventuellement disposer de meilleures ressources statistiques voire d'analyses scientifiques.

Usage des armes à feu

Concernant l'usage des armes à feu par la police, la Confédération n'est pas compétente pour réglementer ce domaine. Le gouvernement s'en remet à la Conférence des commandants des polices cantonales pour examiner si la réglementation devrait être être formulée de manière plus uniforme et intelligible, afin de mieux protéger juridiquement les policiers.

Selon une enquête, les dispositions actuelles sont en principe jugées suffisantes. En cas d'événement grave, particulièrement s'il s'ensuit une procédure pénale, les membres de la police éprouvent toutefois une certaine insécurité quant à l'interprétation qu'en fera la justice.

Divers corps de police ne réglementent en outre pas spécialement le tir de neutralisation létal (tir mortel en vue de sauver ou libérer des personnes), parce qu'il n'existe pas de motif justifiant un ordre de tir préventif donné à l'avance. L'arme à feu ne peut être utilisée qu'en situation de légitime défense, de légitime défense d’autrui ou, à certaines conditions, pour empêcher la fuite.

Plusieurs polices déplorent enfin que le port d'armes de service à des fins professionnelles ne soit pas clairement réglementé en dehors du temps de travail proprement dit.

/ATS
 

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