Campagne contre la discrimination des transgenres au travail

Le taux de chômage chez les personnes transgenres est de 20% en Suisse, soit cinq fois plus ...
Campagne contre la discrimination des transgenres au travail

Campagne contre la discrimination des transgenres au travail

Photo: Keystone/PETER SCHNEIDER

Le taux de chômage chez les personnes transgenres est de 20% en Suisse, soit cinq fois plus que la moyenne. Cette situation s'explique notamment par les conditions de travail: souvent, les transgenres sont discriminés après la révélation de leur identité.

Pour améliorer cette situation, Transgender Network Switzerland (TGSN), l'association suisse des personnes transgenres, transsexuelles ou transidentitaires, a lancé mercredi la campagne nationale 'trans welcome'. L'objectif est que les milieux économiques et politiques soutiennent les transgenres dans le monde du travail.

Mobbing

Les discriminations au travail vont du mobbing aux certificats de travail mal émis jusqu'au harcèlement sexuel, le refus de verser des indemnités journalières lors de changements de sexe ou le licenciement, a expliqué Alecs Recher, juriste auprès de TGSN.

Les premières réactions des employeurs après un'outing' sont certes souvent positives. Mais le soutien vient à manquer par la suite: rien que le fait de parler de la personne concernée avec le mauvais pronom personnel est, à terme, très lourd à porter.

L'an dernier, le service juridique de TGSN a reçu plus de 300 demandes de renseignements, dont un tiers concernaient le domaine du travail. Pratiquement toutes les médiations ont eu une issue positive pour les transgenres: 'Dans presque tous les cas, la faute incombait à l'employeur', explique Alecs Recher.

Une enquête non représentative auprès de 140 personnes en Suisse alémanique et romande, cofinancée par le Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes, a montré qu'un 'coming out' sur cinq en milieu professionnel s'est mal passé.

L'appui des employeurs est essentiel

Près d'un quart des sondés affirment avoir perdu leur emploi après leur 'outing', ou fait face à une détérioration des conditions de travail. Moins de la moitié ont été acceptés sous leur nouvelle identité sexuelle et un quart n'ont pas été soutenus par leur employeur.

Ces résultats font dire au coprésident de TGSN Henry Hohmann que l'appui des supérieurs hiérarchiques est essentiel: ces derniers portent une responsabilité particulière envers les transgenres.

Le site d'informations transwelcome.ch fait partie de la campagne lancée mercredi. Une cinquantaine d'entreprises, dont La Poste, les CFF, Ikea, Tibits, l'EPF de Zurich et de nombreuses PME ont signé la déclaration visant à mettre en oeuvre une culture de travail inclusive pour les transgenres.

TGSN demande que les employeurs suisses jouent un rôle de pionnier dans l'amélioration de l'intégration professionnelle des personnes transgenres. La Confédération, les cantons et les communes doivent apporter un soutien plus important à la cause et montrer l'exemple.

/ATS
 

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