Accusé d'escroquerie, l'ex-municipal d'Aigle parle de malentendu

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Accusé d'escroquerie, l'ex-municipal d'Aigle parle de malentendu

'En aucun cas je n'ai voulu tromper qui que ce soit', a déclaré mardi l'ex-municipal d'Aigle, accusé d'escroquerie et d'abus de confiance dans le cadre de ses activités professionnelles, lors de son procès à Vevey (VD). Il a mis en cause son frère.

Face à la dizaine de plaignants qui ont perdu de l'argent après avoir confié des fonds à l'une ou l'autre des trois sociétés de conseil et gestion financière du prévenu, entre 2007 et 2017, ce dernier a parlé de malentendu. Dans son esprit, il s'agissait de 'prêts', voire, dans un cas, d'un 'don', dont il était libre de disposer, a-t-il répété à la présidente du Tribunal correctionnel de l'arrondissement de l'Est vaudois, Anne-Catherine Page.

S'il y a eu malentendu, il a été colossal. Car pour les clients du gestionnaire, il n'était absolument pas question de prêts, mais bien d'investissements destinés à générer des rendements. C'est en tout cas ce qu'ils ont affirmé tour à tour lors de cette première journée d'audience, menée au pas de charge par la présidente de la Cour. 'Pourquoi aurais-je prêté de l'argent à une personne que je ne connaissais pas?' a demandé l'une des victimes présumées.

Questions sans réponses

L'homme est soupçonné d'avoir tiré profit de son statut de courtier pour une grande compagnie d'assurance. Il apposait notamment le logo de l'entreprise partenaire sur des documents relatifs à des offres qui émanaient en fait de ses propres sociétés. Pour quelle raison? Et pour quelle raison ces contrats n'indiquaient-ils pas clairement qu'il s'agissait de prêts et non de solutions de prévoyance? Aussi, pourquoi ne répondait-il pas à certains e-mails de ses clients?

Aux questions qui dérangent posées par la présidente et par le procureur Anton Rüsch, le prévenu a plus d'une fois opposé son silence, ou prétendu qu'il ne savait pas. Il a aussi rejeté la responsabilité sur son frère, avec qui il travaillait. 'C'est lui qui négociait.' En tant que directeur, lui-même n'avait pas le temps de tout vérifier. Il est allé jusqu'à déclarer que son frère avait 'menti' lors de la procédure, dans laquelle il a été blanchi.

Les montants encaissés par l'accusé sont importants. Certains clients ont versé des centaines de milliers de francs et n'en ont récupéré qu'une fraction. Le préjudice total est chiffré à plus de 2 millions de francs concernant les personnes physiques. Cet argent a été utilisé par le gestionnaire pour rembourser des dettes, solder des litiges ou encore régler des poursuites. Une reconnaissance de dettes a été acceptée par la défense à l'égard de sept plaignants.

'J'ai honte'

Une entreprise dans laquelle le prévenu était administrateur a également porté plainte. Entre 2015 et 2016, il aurait transféré près de 980'000 francs du compte de cette entité sur ceux de l'une de ses sociétés. Quand il lui a été demandé de restituer l'argent, il a produit un faux extrait de compte pour faire croire à un versement. Au final, la firme en question n'aurait toujours pas revu la couleur de plus de 400'000 francs.

L'accusé admet avoir falsifié une attestation bancaire ainsi que des ordres de virement. 'Je regrette, a-t-il confessé. J'ai honte. J'étais paniqué. On me menaçait pour que je rembourse.' Il assure qu'il s'agit d'un cas 'particulier'.

Le procès doit durer deux jours. Les plaidoiries et le réquisitoire auront lieu mercredi.

/ATS
 

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