Accusé d'avoir assassiné la petite Semhar, il choisit le silence

Le procès en appel de l'assassin présumé de Semhar, 12 ans, s'est ouvert mardi, à Genève. Le ...
Accusé d'avoir assassiné la petite Semhar, il choisit le silence

Accusé d'avoir assassiné la petite Semhar, il choisit le silence

Photo: KEYSTONE/MAGALI GIRARDIN

Le procès en appel de l'assassin présumé de Semhar, 12 ans, s'est ouvert mardi, à Genève. Le prévenu, un chauffeur de taxi éthiopien de 43 ans, qui nie tout, n'a pas voulu répondre aux questions de la Cour. Le Ministère public a requis la prison à vie à son encontre.

La journée a débuté avec un coup de poker de la défense, qui a demandé que 6 des 7 juges de la Chambre pénale d'appel et de révision se dessaisissent. Ces magistrats avaient en effet déjà assisté au précédent procès en appel, qui avait été interrompu brusquement après qu'une juge s'était assoupie.

Selon les avocats du prévenu Vincent Spira et Yaël Hayat, la mémoire de ces juges a le défaut d'avoir été imprégnée de ces premiers débats. Ils ont donc réclamé un report de quelques mois du procès en appel, le temps pour la Cour de trouver des juges vierges par rapport au dossier.

Interrogatoire express

Cette requête, qui a été combattue par le Ministère public et les avocats des parties plaignantes, a finalement été rejetée par la Chambre pénale d'appel et de révision. Le procès a donc pu s'ouvrir. Les demandes de nouvelles preuves de la défense ont été rapidement balayées et la Cour s'est préparée à interroger le prévenu.

Ce dernier s'est alors levé et a déclaré qu'il ne répondrait pas aux questions que pourraient poser les juges, le procureur Joël Schwarzentrub et les avocats des parties civiles. L'accusé s'est plaint de 'la démarche à sens unique' de la Cour. Il a juste précisé qu'il était prêt à poursuivre la psychothérapie qu'il avait entamée.

La mère de Semhar s'est alors brièvement exprimée. Prise par l'émotion et le désespoir, elle s'est déclarée terriblement fatiguée par la procédure et le fait de devoir côtoyer celui qu'elle considère, sans doute possible dans son esprit, comme l'assassin et le violeur de sa fille.

Chaque nuit, elle voit la tête du prévenu dans ses cauchemars. Le petit frère et la grande soeur de Semhar sont également marqués parLa jeune fille de 12 ans avait été abusée sexuellement puis étranglée un soir d'août 2012. cette procédure, qui dure depuis bientôt 7 ans.Son corps avait été retrouvé sous le lit où dormait sa maman.

Indices suffisants

L'accusé entretenait à l'époque une liaison secrète avec la mère de Semhar. Pour le procureur Joël Schwarzentrub, il existe dans cette affaire un faisceau d'indices qui accable le prévenu. On a retrouvé son ADN à l'intérieur du slip de la victime. L'accusé a également changé plusieurs fois de version et menti à de nombreuses reprises.

Il a aussi peiné à expliquer la présence de son taxi le jour des faits près de l'immeuble où habitait Semhar. Un laps de temps de 36 minutes pendant lequel le prévenu a eu le loisir d'agresser sexuellement la jeune fille, de l'étrangler pendant 4 minutes et de cacher son corps sous le lit parental, a estimé M. Schwarzentrub.

Selon le procureur, l'accusé est un sadique sexuel psychopathe. Avant de tuer Semhar, il a fait subir les pires tourments à trois de ses anciennes compagnes, les violant, les frappant et les séquestrant, a rappelé le magistrat. Ce dernier a réclamé une peine de prison à vie, assortie de l'internement.

En première instance, le prévenu avait été condamné à 20 ans de prison avec une mesure d'internement. Le procès se poursuit mercredi avec les plaidoiries des avocats des parties plaignantes.

/ATS
 

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