Journée d'actions des soignants face à la crise du système de santé

La situation dans les soins est de plus en plus précaire, malgré l'acceptation en 2021 par ...
Journée d'actions des soignants face à la crise du système de santé

Journée d'actions des soignants face à la crise du système de santé

Photo: KEYSTONE/MICHAEL BUHOLZER

La situation dans les soins est de plus en plus précaire, malgré l'acceptation en 2021 par le peuple de l'initiative sur les soins, dénonce Unia. Le syndicat a mené mercredi une journée d'actions dans plusieurs villes de Suisse pour demander des mesures immédiates et un financement plus juste.

Les mauvaises conditions de travail, et en particulier le financement insuffisant, "continuent de rendre les soins malades", dénonce mercredi Unia dans un communiqué. Par des flash mob, des discours et des stands d'information, les soignants ont présenté leurs "remèdes" à la pénurie de personnel et pour des soins de qualité dans neuf villes suisses (Bâle, Berne, Coire, Delémont, Neuchâtel, Olten, Saint-Gall, Winterthour et Zurich).

A Delémont, le syndicat a par exemple mené une action sur la Place de la gare sous le slogan "Les soins sont en arrêt maladie: nous avons le remède". Il a distribué aux passants des boîtes d'un médicament intitulé "IbuProSoins", un remède destiné à lutter "contre l'état d'urgence dans les soins, pour des soins de qualité".

"Nous dénonçons le sous-effectif dans le personnel des soins", a expliqué à Keystone-ATS Claudia Catellani, secrétaire syndicale responsable de la branche des soins. La syndicaliste déplore que le personnel soignant croule sous la paperasse et n'a plus le temps de s'occuper des patients. "Le personnel est sous pression et fatigué".

 

Cinq mesures immédiates

Cinq mesures doivent être prises immédiatement, selon Unia. Il faut tout d'abord des hausses de salaire significatives pour le même taux d'occupation, ou une réduction du temps de travail pour un même salaire. Dans le même temps, les allocations et crédits en temps existants doivent être massivement augmentés et des indemnités pour les modifications à court terme du planning doivent être introduites.

Unia réclame au moins cinq semaines de vacances jusqu’à 49 ans, six semaines dès 50 ans et sept semaines dès 60 ans. Le syndicat revendique par ailleurs l'enregistrement du temps de travail et des allocations pour l'accueil extra-familial des enfants.

 

Les soignants quittent le métier

Près de 300 soignants quittent le métier chaque mois et environ 15'172 postes ne sont actuellement pas pourvus dans les soins, alerte Unia. Pour le personnel restant, cela signifie une surcharge de travail, du stress et des plans de service néfastes pour la santé. La crise touche l'ensemble du système de santé, mais tout particulièrement les soins longue durée.

En raison de l'évolution démographique, 54'000 lits supplémentaires en EMS et 35'000 soignants supplémentaires seront nécessaires d'ici 2040 et ce, sans prendre en compte les départs du métier. Unia s'inquiète donc particulièrement du manque de personnel dans ces établissements.

Plus généralement, le syndicat revendique un financement juste des soins, qui garantisse une couverture de base, peu importe que les lits soient occupés ou non. Le système ne doit pas être excessivement financé par les caisses maladie, doit mieux indemniser les prestations de soins, se baser sur des critères de qualité et permettre une meilleure clé d'attribution des postes, ainsi qu'une formation continue à tous les échelons.

 

Mesures pas contestées

Des premières mesures ont été proposées par le Conseil fédéral pour répondre aux soucis des soignants. En consultation jusqu'à jeudi, elles ne sont apparemment pas contestées.

La Confédération déboursera notamment 470 millions de francs sur huit ans dès 2024 pour la formation des infirmières et des infirmiers. Les cantons devront mettre une somme équivalente.

Le Conseil fédéral entend ainsi répondre au besoin croissant dans le domaine des soins. Il met aussi en œuvre un volet important de l'initiative populaire sur les soins infirmiers, acceptée par le peuple en novembre 2021.

Un deuxième volet, plus controversé au Parlement, est prévu. Le gouvernement veut améliorer les conditions de travail du personnel soignant pour réduire le nombre de sorties précoces de la profession. Il présentera un projet de loi au printemps 2024.

/ATS

 

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