Forte augmentation du stress psychologique avec la deuxième vague

Le stress psychologique a fortement augmenté au cours de la deuxième vague de Covid-19, selon ...
Forte augmentation du stress psychologique avec la deuxième vague

Forte augmentation du stress psychologique avec la deuxième vague

Photo: KEYSTONE/TI-PRESS/Alessandro Crinari

Le stress psychologique a fortement augmenté au cours de la deuxième vague de Covid-19, selon une étude de l'Université de Bâle. Les jeunes sont particulièrement touchés et la Suisse romande est plus affectée que le reste du pays.

Plus de 11'000 personnes de toute la Suisse ont participé à cette nouvelle enquête menée en novembre dans le cadre de la Swiss Corona Stress Study sous la direction du Pr Dominique de Quervain, a indiqué jeudi l'alma mater bâloise dans un communiqué.

Alors que le pourcentage de personnes déclarant un stress maximal était de 11% pendant le confinement en avril, il est passé à 20% lors de la deuxième vague en novembre. Les symptômes dépressifs ont également augmenté.

Peur de l’avenir

La pression due à un changement lié au Covid-19 au travail, à l’école ou dans la formation constitue l’un des principaux facteurs de stress psychologique et de symptômes dépressifs. Parmi les autres facteurs, les auteurs citent le stress causé par les pertes financières, l’augmentation des conflits au sein du foyer et les craintes concernant l’avenir.

Comparé à la période de confinement du mois d’avril, les personnes interrogées considèrent actuellement ces facteurs comme plus pesants. La crainte qu’une personne de leur entourage proche puisse tomber gravement malade ou mourir du Covid-19, ainsi que le fardeau des restrictions sociales sont eux toujours perçus comme pesants.

Alors que la proportion de personnes interrogées présentant des symptômes dépressifs graves était de 3% avant la pandémie, de 9% pendant le confinement d’avril et de 12% pendant la période des assouplissements en mai, elle est passée à 18% en novembre.

Jeunes particulièrement touchés

Les jeunes sont particulièrement touchés et la prévalence des symptômes dépressifs graves diminue avec l'âge. Elle est de 29% chez les 14-24 ans, 21% chez les 25-34 ans, 17% chez les 35-44 ans, 14% chez les 45-54 ans, 13% chez les 55-64 ans et 6% chez les 65 ans et plus.

Les personnes travaillant dans un secteur financièrement touché par les mesures de la Confédération et des cantons (restauration, culture, tourisme) sont de même fortement impactées. Celles dont les réserves financières ont diminué sont deux fois plus touchées par des symptômes dépressifs graves (28%) que les personnes dont les réserves sont restées inchangées ou ont augmenté (14%).

Par ailleurs, les Suisses romands, avec une prévalence de 22% de symptômes dépressifs graves, sont plus touchés que les Suisses alémaniques (17%) ou les Suisses italiens (16%). Plus généralement, les chercheurs ont constaté une corrélation entre la force de la deuxième vague (incidence des nouvelles infections) et la fréquence des symptômes dépressifs graves dans les cantons.

Facteurs diminuant le stress

Comme lors des précédentes collectes de données, l’équipe de recherche a constaté que les personnes physiquement actives présentent en moyenne un peu moins de stress et de symptômes dépressifs que les personnes moins actives physiquement.

Les chercheurs recommandent aux personnes souffrant de symptômes dépressifs éprouvants de solliciter de l’aide. Celle-ci est proposée au numéro de téléphone 143, ainsi qu’au 147 pour les enfants et les adolescents, ou par des spécialistes en psychologie et en psychiatrie. Un petit test d’auto-évaluation anonyme des symptômes dépressifs est disponible à l’adresse fr.coronastress.ch.

En outre, vu que les jeunes sont particulièrement touchés par l’impact psychologique de la pandémie, les écoles devraient en tenir compte en adoptant une approche flexible du programme scolaire, recommandent les chercheurs.

fr.coronastress.ch

/ATS
 

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