Le Tribunal pénal fédéral juge une « voyageuse du djihad » présumée

Une présumée 'voyageuse du djihad' suisse répond de ses actes ce vendredi devant le Tribunal ...
Le Tribunal pénal fédéral juge une « voyageuse du djihad » présumée

Le Tribunal pénal fédéral juge une

Photo: Keystone/TI-PRESS/TATIANA SCOLARI

Une présumée 'voyageuse du djihad' suisse répond de ses actes ce vendredi devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. L'acte d'accusation montre que la femme s'est fortement identifiée à l'Etat Islamique. Il évoque aussi son rejet du système suisse.

Cette femme de 31 ans originaire de Winterthour (ZH) est accusée de violations de la loi fédérale sur l'interdiction des groupes 'Al-Quaïda' et 'Etat islamique'. Fin 2015, alors qu'elle vivait en Egypte avec son fils de 4 ans, cette Suissesse aurait vendu toutes ses possessions pour financer son voyage à Raqqa, en Syrie.

Elle aurait déboursé 12'000 francs pour un voyage organisé par des trafiquants, qui l'auraient menée de Marsa Matrouh en Egypte jusqu'en Crète. Elle aurait ensuite pris l'avion jusqu'à Athènes. De là, elle serait arrivée en Turquie dans le but de passer en Syrie pour se joindre à l'organisation Etat Islamique (EI) dans la ville de Raqqa.

Mais elle a été arrêtée le 2 janvier 2016 à la frontière avec la Turquie. Ce qui ne l'a pas empêché de tenter encore par deux fois de joindre la Syrie, écrit le Ministère public de la Confédération (MPC) dans son acte d'accusation. À chaque tentative, elle a été renvoyée. Par ses actes, elle a soutenu l'existence et l'activité criminelle de l'EI, estime le MPC.

Radicalisée

L'acte d'accusation détaille à quel point la femme s'est identifiée avec l'organisation extrémiste. Convertie à l'islam en 2009, elle s'est peu à peu radicalisée par le biais d'Internet, notamment avec les films du prédicateur allemand Pierre Vogel.

Depuis, elle est convaincue que chaque musulman a le devoir de rejoindre l'EI et de le soutenir. Elle pense que la meilleure voie est de vivre selon la loi islamique. Elle s'est détachée des valeurs occidentales et ne se voit pas d'avenir en Suisse, un pays qu'elle rejette, de même que son ordre juridique et son gouvernement.

Attaque en Suisse

Elle est également convaincue, poursuit l'acte d'accusation, que la Suisse est en guerre avec l'EI. Pour cette raison, elle se dit favorable à ce qu'un attentat soit commis en Suisse.

Elle ne voyait pas d'autres options, pour elle et pour son fils, de rejoindre l'EI en Syrie. Après avoir échoué à y entrer, elle a finalement été arrêtée en Suisse le 11 janvier 2016 à son arrivée à l'aéroport.

L'accusée a été libérée le lendemain, mais son passeport, sa carte d'identité et son permis de conduire lui ont été retirés. Depuis, elle doit s'annoncer une fois par semaine auprès de la police cantonale zurichoise.

/ATS
 

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