Un garde-frontière comparaît pour un renvoi qui a mal tourné

Un garde-frontière comparaît depuis mercredi devant la justice militaire à Berne pour une fauche ...
Un garde-frontière comparaît pour un renvoi qui a mal tourné

Un garde-frontière comparaît pour un renvoi qui a mal tourné

Photo: KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER

Un garde-frontière comparaît depuis mercredi devant la justice militaire à Berne pour une fauche couche d'une Syrienne lors de son renvoi. Il aurait refusé d'apporter des soins médicaux nécessaires à la femme enceinte.

Le cas remonte au 4 juillet 2014. La femme, 22 ans à l'époque et enceinte de sept mois, ainsi que son mari faisaient partie d'un groupe de 36 réfugiés reconduit de Vallorbe (VD) à Domodossola (I) par une quinzaine de collaborateurs du Corps suisse des gardes-frontière. Le prévenu était responsable de l'unité.

Les réfugiés ont d'abord été transférés en bus de Vallorbe à Brigue (VS) où ils sont arrivés peu avant 14h30. De là, ils devaient prendre le train pour Domodossola. Comme les trains étaient bondés en raison du début des vacances, le garde-frontière a décidé de faire attendre le groupe jusqu'à 17h00.

Les réfugiés ont attendu dans la salle des contrôles du poste de gardes-frontière. Peu après leur arrivée à Brigue, la femme a ressenti des douleurs et été prise de saignements qu'elle décrits comme les premières contractions. Son mari avise les gardes-frontière et demande à plusieurs reprises de l'aide.

Non-assistance

Selon l'acte d'accusation, le garde-frontière fait comprendre à l'homme qu'il n'entend pas demander de l'aide afin de ne pas compromettre le voyage à Domodossola. L'accusé aurait accepté la possibilité de la mort de l'enfant à naître, car il serait parti de l'idée que le cas reviendrait aux autorités italiennes après l'arrivée à Domodossola. Il a commis une faute en pensant qu'il n'arriverait rien durant le voyage.

Arrivés à Domodossola, la Syrienne s'écroule. Les gardes-frontière laissent immédiatement les secours intervenir. Mais à l'hôpital, la réfugiée accouche d'un enfant mort-né.

Lors de son audition mercredi, la Syrienne a déclaré que le garde-frontière n'a rien entrepris à Brigue alors que son mari lui expliquait en anglais la situation. Il n'y a pas eu non plus de réaction quand elle s'est mise à pleurer et à crier de douleur.

Sa grossesse était pourtant bien visible puisqu'elle en était à son huitième mois, a-t-elle plaidé. Elle n'a cependant pas su dire quand elle a ressenti pour la dernière fois les mouvements de son bébé dans son ventre.

Vives critiques

L'affaire a fait grand bruit. Dans l'émission '10 vor 10' de la TV alémanique, le médecin traitant a vivement critiqué les autorités suisses. La femme aurait dû dès les premiers symptômes être prises en charge médicalement. La maire de Domodossola Liliana Graziobelli a condamné les méthodes de la Suisse envers une femme enceinte.

Le procès devant le Tribunal militaire 4 à Berne devrait durer trois jours. Le cas est très complexe du point de vue médical et juridique, selon la justice militaire. Toute la difficulté résidera dans la définition que celle-ci retiendra du commencement de la vie pour un enfant pas encore né, un élément essentiel pour la qualification du délit.

/ATS
 

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