L'Assemblée interjurassienne (AIJ) disparaît de la scène politique

Chargée de régler la Question jurassienne, l'Assemblée interjurassienne (AIJ) vit ses dernières ...
L'Assemblée interjurassienne (AIJ) disparaît de la scène politique

L'Assemblée interjurassienne (AIJ) disparaît de la scène politique

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Chargée de régler la Question jurassienne, l'Assemblée interjurassienne (AIJ) vit ses dernières heures. La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga et les représentants des Gouvernements jurassien et bernois abrogeront vendredi à Moutier (BE) l'acte fondateur.

Avec la signature de l'acte de dissolution de l'Accord du 25 mars 1994 instituant l'AIJ, c'est un chapitre de l'histoire suisse qui se referme. Créée alors que le climat politique était tendu malgré la création du canton du Jura, cette institution unique en Suisse aura permis aux Jurassiens et Jurassiens bernois de renouer le dialogue.

Sans véritable pouvoir décisionnel, l'AIJ a réussi à faire s'asseoir à la même table des frères ennemis pour discuter d'intérêts communs. Sa force a été de dépassionner la Question jurassienne en passant d'une logique de la confrontation à une culture du dialogue en préconisant le vote populaire.

Aujourd'hui, les gouvernements jurassien et bernois, ainsi que la Confédération estiment que l'AIJ a accompli la mission qui lui a été confiée il y a 23 ans. Pour ces acteurs, les votes de Moutier (BE), de Sorvilier (BE) et de Belprahon (BE) sur leur appartenance cantonale ont clos la Question jurassienne.

Institution méconnue

Cette institution n'a pourtant jamais fait l'unanimité. Elle a été l'objet de critiques à la fois des milieux autonomistes et des mouvements antiséparatistes. Ses détracteurs l'ont accusée d'ingérence, de gaspiller l'argent public, d'être un instrument en faveur de la réunification ou encore d'être une coquille vide.

En dépit de son statut unique en Suisse, l'AIJ est restée méconnue du public. Paradoxalement, de nombreuses délégations étrangères, d'Europe, d'Asie ou du Moyen-Orient, sont venues en Suisse pour s'informer sur son fonctionnement. Son nom avait même été évoqué pour servir de modèle à la résolution de la crise catalane.

Composée de douze représentants du canton du Jura et de douze du Jura bernois, l'AIJ est présidée par une personnalité extérieure aux deux cantons nommée par le Conseil fédéral. De l'ancien conseiller fédéral René Felber à l'ancien conseiller aux Etats Dick Marti, les présidents ont réussi à éviter une rupture du dialogue.

Testament politique

L'Assemblée interjurassienne va livrer vendredi à l'occasion de sa dissolution son testament politique. Elle a dressé son bilan après 23 ans d'activités dans un ouvrage intitulé 'Au service du dialogue interjurassien - Bilan d'une institution inédite (1994-2017). Ce document sera remis à ses trois mandants.

Pour tous les acteurs politiques, la dissolution de l'AIJ ne marque pas la fin du dialogue interjurassien ni celui de l'engagement de la Confédération comme médiateur dans ce dossier. Après le vote de Moutier sur son transfert dans le Jura, les deux cantons devront encore négocier le transfert des biens.

/ATS
 

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