L'USS fixe ses priorités après l'échec de la prévoyance vieillesse

La retraite des femmes à 65 ans n'est plus d'actualité. C'est l'avis de l'USS après l'échec ...
L'USS fixe ses priorités après l'échec de la prévoyance vieillesse

L'USS fixe ses priorités après l'échec de la prévoyance vieillesse

Photo: KEYSTONE/ANTHONY ANEX

La retraite des femmes à 65 ans n'est plus d'actualité. C'est l'avis de l'USS après l'échec de la réforme sur la prévoyance vieillesse 2020 devant le peuple. La faîtière des syndicats soumet ses propositions ce vendredi à Berne à ses délégués pour la suite des débats.

Avec le refus de la réforme le 24 septembre dernier, les problèmes demeurent, relève l'Union syndicale suisse (USS): l'AVS dépense plus qu'elle n'encaisse, les rentes du 2e pilier nécessiteront des cotisations plus élevées et les inégalités qui touchent surtout les femmes dans la prévoyance professionnelle subsistent. Il s'agit maintenant de remettre l'ouvrage sur le métier avec des revendications.

Dans le domaine de l'AVS, l'USS milite pour un financement solide et soutient le relèvement des cotisations à l'AVS tel qu'il avait été prévu dans la réforme. Il plaide aussi pour une hausse du niveau des prestations et demande notamment que les primes-maladie soient prises en compte dans l'indexation des rentes AVS.

Pas de retraite des femmes à 65 ans

Au vu de la forte résistance exprimée lors du vote sur le relèvement de l'âge de la retraite des femmes, notamment venant des rangs de la gauche elle-même, les syndicats y renoncent, qualifiant désormais cet objectif 'd'inopportun'. Les femmes gagnent toujours moins, ce qui justifie un âge de la retraite à 64 ans.

Les syndicats entendent également lutter contre la tendance de certaines professions libérales à s'organiser en sociétés anonymes et se faire verser leurs revenus sous forme de dividende plutôt que de salaires. Cette manière de faire assèche les caisses de l'AVS et constitue selon l'USS une forme d'abus.

Pas de profits avec la prévoyance

Dans le 2e pilier, la faîtière syndicale veut lutter contre les profits que les caisses de pension génèrent sur le dos des rentes. Elle veut des limitations strictes en particulier pour les sociétés d'assurance-vie. En outre, elle réclame une transparence totale en matière de coûts administratifs.

Par ailleurs, les retraités ne doivent plus faire les frais des risques des marchés financiers et de l'allongement de l'espérance de vie. Le patronat doit aussi assumer ses responsabilités, estime l'USS.

Femmes et chômeurs âgés

Enfin, les syndicats veulent lutter pour mieux protéger les groupes vulnérables que sont les femmes et les chômeurs âgés. Les premières doivent bénéficier de meilleures conditions pour concilier travail et famille. Les seconds doivent avoir l'assurance de toucher une rente de leur caisse de pension plutôt que de devoir retirer le capital de leur avoir vieillesse avant l'heure.

Enfin, les métiers à forte pénibilité doivent bénéficier de retraites anticipées favorables. Plusieurs branches ont déjà adopté avec succès des modèles dans ce sens.

Pas avant 2019

L'USS n'attend pas de nouvelle réforme avant 2019. Le débat s'annonce difficile. La table ronde organisée récemment par le ministre en charge du dossier Alain Berset a mis en lumière un désaccord général sur tous les éléments d'une future réforme. Seul point de convergence: il y a nécessité d'agir.

/ATS
 

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