La DDC va renforcer ses liens avec la politique migratoire suisse

La coopération suisse va renforcer ses liens avec la politique migratoire du pays, a indiqué ...
La DDC va renforcer ses liens avec la politique migratoire suisse

La DDC va renforcer ses liens avec la politique migratoire suisse

Photo: Keystone

La coopération suisse va renforcer ses liens avec la politique migratoire du pays, a indiqué Manuel Sager, chef de la DDC. Son engagement dans les pays 'fragiles' et des fonds supplémentaires pour la formation devraient aider à endiguer le flux migratoire.

'Cette mise en relation doit permettre d'éviter les tragédies humaines telles que nous les vivons dans la crise des réfugiés actuelle', a précisé M. Sager lors de la conférence de presse annuelle de la Direction du développement et de la coopération (DDC) vendredi à Berne.

La DDC va renforcer son effort au Proche-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne en y allouant 55% de ses moyens, contre 45% précédemment. Elle a déjà investi 70 millions de francs pour faire face à la crise des réfugiés et aider les déplacés internes.

Le gouvernement envisage notamment un nouvel engagement de l'aide au développement en Erythrée, explique le chef de la DDC. La coopération internationale reste un élément essentiel pour faire face à la crise des migrants, rappelle M. Sager. Il faut une discussion entre les pays d'accueil, de transit et de départ.

Formation contre immigration

Il convient surtout de renforcer la lutte contre la pauvreté et les inégalités. 'Il faut offrir des possibilités pour tous', a-t-il ajouté.

L'éducation et la formation professionnelle disposeront ainsi d'un budget augmenté de 50% pour un total de 630 millions de francs sur la période 2017-2020. En offrant de nouvelles opportunités aux populations des pays 'fragiles', la DDC espère contribuer à l'endiguement du flux migratoire.

Au Niger, elle a déjà fourni un travail de fond pour permettre d'améliorer l'éducation, selon Chantal Nicod, cheffe de la division Afrique de l'ouest. Dans le sud du pays, aux prises avec Boko Haram, il a fallu trouver des solutions novatrices pour permettre aux filles d'aller à l'école en sécurité.

Savoir-faire helvétique

Des écoles mobiles qui se déplacent de quartier en quartier ont été mises en place. Parmi ses nouveaux objectifs, la coopération suisse entend lutter contre la violence sexuelle et la violence basée sur le genre.

L'engagement de la DDC dans la formation est aussi l'occasion de transmettre le savoir-faire helvétique. De nombreux pays peuvent bénéficier de l'expérience suisse dans l'enseignement bilingue, selon Chantal Nicod. Elle souligne que l'implication de la Suisse dans le Partenariat Mondial pour l'Education a permis de faire de la formation professionnelle une priorité.

Mieux évaluer la coopération

Pour son programme 2017-2020l, la DDC met en avant l'importance de l'évaluation. C'est une demande du Parlement, qui a approuvé le budget mais désire garder un oeil sur les résultats et l'efficacité de la coopération.

Si cela ne représente que 0,3 % du budget, c'est une composante essentielle pour la mise en place de programmes efficaces, estime Peter Bieler, chef de la section évaluation et contrôle. Il ne s'agit pas simplement de publier des rapports, mais de 'permettre à la coopération suisse de s'améliorer', souligne-t-il.

Tous les projets sont mis en place avec des objectifs clairs et sont constamment évalués. La DDC veut assurer une certaine transparence et une utilisation efficace de l'argent des contribuables. Une centaine de projets sur environ 1200 sont évalués chaque année par des institutions externes.

Partenariats sous la loupe

En 2017, la DDC a confié à un institut canadien l'évaluation des partenariats de la coopération avec des ONG suisses. Le but n'est pas de diminuer ou d'arrêter des collaborations, mais de déterminer comment ces partenariats pourraient être améliorés, selon M. Sager.

Si le travail d'évaluation et de contrôle a déjà permis à la DDC d'améliorer ses programmes, il reste un exercice difficile. Certains aspects, comme la lutte contre la corruption, sont délicats à quantifier. Comme le rappelle M. Sager, on ne peut pas tout mesurer.

/ATS
 

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