1er mai: les salariés ne doivent pas faire les frais du franc fort

Des milliers de manifestants ont bravé la pluie battante vendredi pour participer à la Fête ...
1er mai: les salariés ne doivent pas faire les frais du franc fort

1er mai: les salariés ne doivent pas faire les frais du franc fort

Photo: Keystone

Des milliers de manifestants ont bravé la pluie battante vendredi pour participer à la Fête du travail en Suisse. La menace du franc fort sur les salaires, l'avenir incertain des rentes et la péjoration des conditions de travail ont été au centre des interventions.

Ils étaient 10'000, selon la police et les organisateurs, à défiler à Zurich, 1300 à Bâle et 800 à Genève. Dans l'ensemble, les manifestations se sont déroulées pacifiquement, hormis les quelques traditionnels poches de peinture et pétards lancés contre des façades de banques dans la première ville de Suisse.

Le 1er mai était placé cette année sous le signe de la justice sociale. La crise du franc déclenchée le 15 janvier dernier débouche sur un programme malsain, a lancé Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse (USS) à Romanshorn (TG).

Nombre de patrons n'hésitent pas à répercuter les charges sur le personnel: ils introduisent des salaires en euros illégaux, baissent les salaires, délocalisent des emplois ou prolongent la durée du travail. 'Une monnaie n'a pas de but en soi, mais doit servir un pays et non lui nuire, selon le dirigeant syndical.

Vers un démantèlement du service public

Pour Giorgio Tuti, président du Syndicat du personnel des transports (SEV), les représentants des travailleurs font face à un bloc bourgeois et des milieux économiques qui n'ont de cesse de vouloir augmenter leurs profits et démanteler le service public pour le remettre en mains privées.

Et de rappeler que son organisation est aux prises avec la Confédération pour éviter le dumping salarial (3600 francs par mois) aux conducteurs de loco de l'entreprise Crossrail.

Comment s'expliquer que des salariés préfèrent élire des milliardaires de la Goldküste zurichoise et pensent se faire bien représenter par eux au Parlement, se demande le syndicaliste en allusion aux prochaines élections fédérales d'octobre. Vania Alleva, coprésidente d'Unia, a rappelé qu'en Suisse, 2% de super riches possèdent une fortune équivalente à celle des 98% restants.

Les orateurs en ont profité pour rappeler les objectifs politiques de la gauche pour plus de justice, en particulier l'impôt sur les successions soumis en votation en juin qui doit assurer un financement durable à l'AVS, l'égalité salariale homme-femme toujours pas atteinte après 40 ans ou le refus d'un retour aux contingents pour le nouvel article constitutionnel accepté le 9 février 2014.

La droite interpellée

A Fribourg, Christian Levrat s'est amusé lui du détournement du 1er mai par le PLR fribourgeois qui a choisi le même jour pour manifester dans la rue leur reconnaissance à tous ceux qui travaillent.

Le président du PS les a interpellés directement: Est-ce améliorer les conditions de travail que de prolonger les horaires d'ouverture des magasins jusqu'à 19h00 le samedi? Comment expliquer aux ouvriers du bâtiment que l'augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans constitue un progrès social? Pensent-ils améliorer la situation des salariés s'ils refusent de conclure des CCT avec les syndicats?

Les conseillers fédéraux se sont aussi mobilisés pour la Fête du travail. La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a visité l'entreprise Micarna à Courtepin (FR). Elle est allée à la rencontre des employés et apprentis du numéro un suisse de la transformation de viande. Son collègue Alain Berset se rend de son côté à Noirmont (JU).

/ATS


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