Plus de 550 mètres cubes de bois en vente à Colombier

Il y en avait pour tous les goûts, mercredi matin à Colombier à l’occasion de la traditionnelle ...
Plus de 550 mètres cubes de bois en vente à Colombier

Il y en avait pour tous les goûts, mercredi matin à Colombier à l’occasion de la traditionnelle vente groupée de bois précieux. Plus de 550 mètres cubes de bois neuchâtelois ont été adjugés, ce qui témoigne d'une année 2025 clémente pour les forêts du canton. Les prix moyens sont toutefois en baisse.

Stéphane Brawand, mercredi matin à Colombier, peu avant le début de la vente. Stéphane Brawand, mercredi matin à Colombier, peu avant le début de la vente.

Les yeux brillaient, mercredi matin à Colombier. Une centaine d'acheteurs et de vendeurs se sont retrouvés à l'allée des Bourbaki pour découvrir les prix d'adjudication de quelque 370 billes de bois précieux, soit plus de 550 mètres cubes au total. Les gardes forestiers avaient sélectionné les essences les plus recherchées : noyer, épicéa, frêne, chêne ou encore mélèze.


Une année favorable pour la forêt

« Globalement, 2025 a été une année plutôt standard si on regarde les années précédentes », explique Stéphane Brawand, chargé d'affaires à ForêtNeuchâtel. « Un printemps clément, des températures normales et suffisamment pluvieux. L'été aussi a été clément, pas trop chaud. » La forêt n'a donc pas trop souffert. Les brèves périodes de canicule ne se sont pas succédé. Les peuplements forestiers ont ainsi retrouvé un bel équilibre.

Reportage avec Stéphane Brawand :

Des prix en retrait

Le prix moyen s'établit cette année à 343 francs le mètre cube. C'est inférieur aux trois années précédentes. « On s'attendait à une baisse », reconnaît Stéphane Brawand. « Les prix des trois années précédentes ne pouvaient pas être tenus sur une longue durée. C'était vraiment des années exceptionnelles. » La baisse est toutefois plus forte qu'anticipée. « Les signaux du marché sont plus durs, notamment pour les scieurs », ajoute le chargé d'affaires. Les années 2022 à 2024 affichaient des moyennes autour de 400 à 420 francs le mètre cube. Mais il y a parfois de belles surprises : « Le principe d'une vente de bois précieux sous un format de vente aux enchères silencieuses, c'est justement d'obtenir des prix supérieurs à ce qui se pratique couramment sur le marché lors des ventes standards », souligne Stéphane Brawand. Les qualités des billes font la grande partie du travail. Mais le système de vente contribue aussi à ces prix supérieurs.

Une bille d'épicéa de la commune des Verrières illustre le potentiel de ces ventes. Son diamètre atteint près de 65 centimètres. Le tronc est très cylindrique et droit. Les cernes annuels sont réguliers et très fins. « Elle a poussé dans un endroit relativement frais, certainement à l'ombre, mais surtout en altitude pour avoir une croissance aussi lente », précise Stéphane Brawand. Cette bille a été adjugée à 540 francs le mètre cube. C'est pratiquement le double du prix moyen des épicéas, qui s'établit à 260 francs. « Elle va certainement être utilisée pour de la lutherie », révèle le chargé d'affaires. L’entendra-t-on résonner dans des salles de concert ? « Il y a encore beaucoup d'étapes avant », tempère Stéphane Brawand. « Du tronc d'arbre jusqu'à la mise en œuvre d'un éventuel instrument, il faut que la bille soit sciée. Et puis, étape par étape, il faut qu'elle soit qualifiée de bois de lutherie. »

Le processus prendra du temps. « D'ici une dizaine d'années, pas avant, on peut s'attendre à voir un bel instrument qui sort de cette pièce », conclut-il. /aju


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