Accord entre le Conseil communal de La Chaux-de-Fonds et une élue

Le Conseil communal de La Chaux-de-Fonds (NE) et une élue ont abouti à un accord lors d'une ...
Accord entre le Conseil communal de La Chaux-de-Fonds et une élue

Les cinq conseillers communaux de La Chaux-de-Fonds (NE) et une élue sont arrivés à un accord lors d'une séance de conciliation mercredi devant le Tribunal de police dans une affaire de diffamation. Brigitte Leitenberg a reconnu que l'exécutif n'était pas antisémite.

Accord entre le Conseil communal de La Chaux-de-Fonds et une élue

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Mercredi, le Conseil communal de La Chaux-de-Fonds et une élue ont trouvé un accord devant le Tribunal de police de La Chaux-de-Fonds lors d’une séance de conciliation. Brigitte Leitenberg a admis que l’exécutif n’avait pas tenu de propos antisémites.

L'accord stipule que la prévenue présente des excuses sincères pour les propos qu'elle a postés sur Facebook le 21 février et regrette les conséquences qu'ils ont eu sur les parties plaignantes. Elle admet que « ses propos ont été offensants et excessifs. »

La conseillère générale et députée PVL avait notamment écrit: « Honte à ceux qui comme les collabos, qui ont soutenu les nazis, ont validé le groupe haineux » (le Hamas). Les cinq conseillers communaux de La Chaux-de-Fonds Jean-Daniel Jeanneret, Théo Bregnard, Théo Huguenin-Elie, Thierry Brechbühler et Ilinka Guyot avaient déposé plainte pour diffamation.

Le Ministère public avait requis 30 jours-amende à 120 francs, avec sursis pendant deux ans. L'accord reconnaît que la démarche en justice des conseillers communaux était légitime et que ces derniers n'ont pas fait preuve de malveillance à l'égard de l'élue.

 

Téléphone anonyme d'Israël

Durant l'audience, les membres du Conseil communal ont dit que cette affaire les avait fortement affectés. « On a dû se justifier de ne pas être antisémite. Il y a eu des amalgames fâcheux à notre égard. On a reçu 466 lettres courroucées. Un collègue a reçu sur la ligne secrète du Conseil communal un coup de téléphone anonyme d'Israël », a expliqué Théo Huguenin-Elie.

« On a eu une pression énorme. Par moment, j'avais peur de rentrer chez moi », a expliqué Ilinka Guyot, au bord des larmes. Elle a ajouté que ces publications étaient un appel à la haine, ce qui n'est pas acceptable.

Théo Bregnard a rappelé que les mots employés étaient violents et qu'une des publications a été maintenue trois mois sur Facebook. Pour Jean-Daniel Jeanneret, « ce ne sont pas cinq personnes qui ont été touchées mais les institutions républicaines », avec des valeurs comme la tolérance, l'humanité et la liberté. « Une insulte a été faite aux institutions. »

« Une condamnation ne résoudrait pas les propos tenus », a déclaré Thierry Brechbühler. Ce dernier, tout comme les autres conseillers communaux, militait pour une reconnaissance des faits. Ce que la conciliation a permis.

 

« En insécurité complète »

Selon l'accord, les parties plaignantes ont reconnu que la prévenue a pu ressentir de la violence et de la peur à l'occasion de la séance du Conseil général du 20 février. Durant celle-ci, une motion populaire demandant que le Chaux-de-Fonnier Philippe Lazzarini, commissaire général de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens UNRWA soit nommé citoyen d'honneur par la Ville, a été débattue.

Durant l'audience de mercredi après-midi, Brigitte Leitenberg a déclaré qu'elle s'est sentie en insécurité complète durant le Conseil général, avec les personnes du collectif Action Palestine, assises juste derrière elle. Sa parole a aussi été coupée à deux reprises durant son intervention.

Quand la motion a été acceptée, « j'ai ressenti une réelle discrimination personnelle et ce que les Juifs ont pu ressentir » (ndlr: durant la Deuxième Guerre mondiale), a-t-elle expliqué. « Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie », a ajouté l'élue. /ATS

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus