De l’acier recyclé made in La Chaux-de-Fonds

Deux fours à énergie solaire vont prochainement sortir de terre aux Eplatures. Un projet qui ...
De l’acier recyclé made in La Chaux-de-Fonds

Deux fours à énergie solaire vont prochainement sortir de terre aux Eplatures. Un projet qui vise à recycler les déchets métallurgiques de l’industrie de l’Arc jurassien en circuit court et sans apport d’énergie extérieure

L'entreprise Panatere et ses partenaires veulent recycler dans la région les déchets de métaux des entreprises de l'Arc jurassien grâce à l'énergie solaire. (Photo : Panatere) L'entreprise Panatere et ses partenaires veulent recycler dans la région les déchets de métaux des entreprises de l'Arc jurassien grâce à l'énergie solaire. (Photo : Panatere)

Des déchets d’acier recyclés à La Chaux-de-Fonds grâce à l’énergie solaire. C’est le projet de Raphaël Broye, et il est à bout touchant. Le propriétaire de l’entreprise jurassienne Panatere devrait recevoir ses prochains jours un permis de construire pour installer deux fours solaires provisoires, à quelques pas du temple des Eplatures. « On espère une première mise en service en mars-avril », confie-t-il.

« Aujourd’hui, on peut mettre un petit pied de nez à l’hypermondialisation »

L’idée a germé il y a quelques années, lorsque Raphaël Broye s’est trouvé confronté à un énième problème d’approvisionnement de qualité sur le marché de la métallurgie. Il a alors réfléchi à la manière de rendre son entreprise plus autonome. Un coup d’œil dans les bennes de récupération des copeaux de métaux l’a mis sur la voie.

Il a d’abord mis en place un tri des différents déchets et il a testé la théorie selon laquelle l’acier peut être refondu à l’infini, sans apport de minerai et sans perdre ses propriétés.

Il a ensuite cherché la meilleure façon de procéder pour que cette aventure ne devienne pas un trou financier. « Dans le coût de fabrication de l’acier, 30 à 40% sont dédiés à l’achat d’énergie », calcule-t-il. Différentes solutions ont été testées et c’est finalement l’énergie solaire concentrée qui a été retenue.

Avec quatre instituts internationaux, dont l’EPFL et le CNRS, Panatere a développé un four solaire sur mesure pour traiter en circuit court les déchets de l’industrie de l’Arc jurassien.

L’ensoleillement a été un facteur décisif pour déterminer l’endroit où allaient être implantées ces installations. Le choix s’est porté sur La Chaux-de-Fonds. « Le principe a été d’être en dessus du stratus et de pouvoir utiliser les quelque 1'700 heures d’ensoleillement annuelles qui ont été mesurées sur ces dix dernières années par MétéoSuisse », explique Raphaël Broye.

Les installations resteront en place durant deux ans. Le temps de pouvoir les tester, de s’assurer de leur efficience. L’étape suivante est d’installer un centre solaire de traitement des matériaux.

« On se doit de trouver des solutions pour pouvoir garder un maximum d’autonomie »

L’industrie de l’Arc jurassien produit suffisamment de copeaux de métaux pour que le projet puisse fonctionner. Selon les statistiques fédérales, toutes industries confondues, la Suisse importe 140'000 tonnes d’acier et en exporte près de 52'000 tonnes sous une forme de copeaux. « L’idée est de récupérer ne serait-ce que les cinq premiers pour-cent qui sont exportés et les retraiter ici, pour nourrir quelque 600 PME de façon quasiment autarcique au niveau des matières premières », s’enthousiasme Raphaël Broye

Pour pouvoir être lancé, ce projet, dont la première partie de chiffre à 9 millions de francs, a bénéficié notamment du soutien de l’Office fédéral de l’environnement et du programme de coopération transfrontalière Interreg France-Suisse.

« Nous avons pu créer un consortium avec les écoles d’ingénieurs locale et française »

Dans un premier temps, Panatere et ses partenaires avaient prévu de travailler en open source. Mais au fil des mois, ils ont dû se protéger face à des attaques venues d’outre-Atlantique.

« On a dû déposer des brevets, des copyrights pour pouvoir aller de l’avant avec le groupe que nous avions constitué »

Après les deux ans de tests des deux fours solaires à La Chaux-de-Fonds, Raphaël Broye souhaiterait pouvoir installer son centre solaire de traitement des matériaux au plus proche de la source des déchets. « La Chaux-de-Fonds me paraît tout à fait idéale. On verra ce que le canton peut nous proposer ». /cwi


 

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