L’origine des personnes péjore l’accès au logement

Une étude menée par les Universités de Neuchâtel, Lausanne et Genève met en avant que les noms ...
L’origine des personnes péjore l’accès au logement

Une étude menée par les Universités de Neuchâtel, Lausanne et Genève met en avant que les noms kosovars et turcs sont discriminés

Didier Ruedin, maître d’enseignement à l’Université de Neuchâtel, est l'un des chercheurs qui a participé à l'étude sur les discriminations raciales dans le marché immobilier. Didier Ruedin, maître d’enseignement à l’Université de Neuchâtel, est l'un des chercheurs qui a participé à l'étude sur les discriminations raciales dans le marché immobilier.

Une étude pointe du doigt le racisme dans le milieu immobilier. L’Office fédéral du logement a co-financé une recherche menée par les Universités de Neuchâtel, Lausanne et Genève. Son objectif : déterminer si les personnes qui portent un nom étranger ont davantage de difficultés à trouver un appartement ou une maison. Les auteurs de l’étude ont envoyé 11'000 demandes « fictives » de visite auprès de 5'700 bailleurs, gérances et propriétaires, dans toute la Suisse. Les noms utilisés étaient suisses, italiens, français, allemands, turcs et kosovars. Relayé par Le Temps le mois dernier, le rapport souligne que les discriminations sont avérées pour les personnes racisées. L’un des co-auteurs de la recherche et maître d’enseignement à l’Université de Neuchâtel, Didier Ruedin, précise « que les noms turcs et kosovars sont discriminés ». Ces personnes doivent fournir 30% d’efforts supplémentaires pour dénicher un logement. « Ce problème n’a en revanche pas été observé avec les autres origines », souligne Didier Ruedin. 

Réalisée sur l’ensemble du territoire helvétique, « l’étude n’a pas mis en avant de différences selon les régions linguistiques. Au contraire, les résultats varient entre régions urbaines et rurales. La pénurie de logements peut également avoir un impact », explique Didier Ruedin.

Pour le maître d’enseignement au Swiss Forum for Migration and Population Studies, il n’est pas évident de lutter contre ces discriminations. « Sur le marché du travail, il y a le CV anonyme. Mais c’est plus compliqué d’appliquer ce moyen sur le marché du logement, où l’on veut très vite connaitre les personnes. En Belgique par exemple, un travail de sensibilisation est mené auprès des agences et des propriétaires afin de regarder avant tout la situation financière », conclut Didier Ruedin.

/jpp


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