CNIP : s’organiser sans l’aide de l’Etat

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CNIP : s’organiser sans l’aide de l’Etat

Le Centre neuchâtelois d’intégration professionnelle, à Couvet, devra se passer de la subvention de l’Etat dès 2020. L’institution cherche à développer des formations pour s’assurer de nouveaux revenus

Le directeur du CNIP, Thuan Nguyen, devant le modèle didactique de ligne automatisée utilisé par des apprenants. Le directeur du CNIP, Thuan Nguyen, devant le modèle didactique de ligne automatisée utilisé par des apprenants.

L’enveloppe s’amenuise au fil des années. Alors que le Centre neuchâtelois d’intégration professionnelle, basé à Couvet, touchait encore plus d’un million de francs de l’Etat de Neuchâtel il y a près de 10 ans, il devra s’autofinancer dès l’année prochaine. Le CNIP peut encore compter sur une subvention de 400'000 francs pour l’année en cours, mais celle-ci tombera à zéro l’an prochain.

Contrairement au ressenti général, la baisse du taux de chômage vient encore compliquer la vie du centre puisque ses deux clients principaux sont le Service de l’emploi, qui envoie des chômeurs à Couvet, et l’AI de Neuchâtel et de Vaud, qui ensemble constituent 90% des activités du CNIP. L’institution forme actuellement entre 80 et 100 apprenants en vue de les réintégrer au marché du travail mais a les capacités d’accueillir jusqu’à 120 personnes. Ses vastes locaux de 6'000 m2, situés dans l’ancienne usine Dubied, semblent dès lors un peu vastes. « On pourrait actuellement se contenter de 4'000 m2 », indique le directeur Thuan Nguyen, qui ajoute que des discussions sont en cours avec le Département de l’économie et de l’action sociale pour trouver une éventuelle solution plus flexible dans la location des lieux, aux mains de l’Etat.

Pour assurer son autonomie financière, le CNIP mise toutefois surtout sur le développement de nouvelles formations. « Si nous arrivons à ouvrir deux nouvelles classes et qu’elles sont utilisées, on sera du bon côté », ajoute Thuan Nguyen. Des discussions sont là aussi en cours avec le Service de l’emploi. Dans cette lignée, le Centre neuchâtelois d’intégration professionnelle verra d’ailleurs sortir cet été une première volée d’apprenants formée à utiliser une ligne automatisée. Le CNIP prend en effet le tournant de l’industrie 4.0 et de la numérisation.

Parmi ses clients, l’institution compte par ailleurs le Réseau des Fleurons, qui réunit plusieurs entreprises du Val-de-Travers, et qui envoie ses apprentis poly ou micromécaniciens, et mécaniciens de production à Couvet pour les deux premières années de leur formation. Quelques entreprises privées font parfois appel au CNIP également ; ces deux activités représentant environ 10% des sources de revenus de l'institution.

Thuan Nguyen voit dans cette contrainte de l’autofinancement un challenge à relever, l’occasion de se remettre en question et de se différencier de ses concurrents.


Situation similaire au CEFNA

Le CEFNA, le Centre de formation neuchâtelois pour adultes, se retrouve dans la même situation. L’institution devra elle aussi s’autofinancer à partir de 2021. Aux comptes 2018, l’Etat de Neuchâtel a encore assumé une charge de 1,4 million de francs au nom du CEFNA et 777'000 francs apparaissent au budget 2019.

Pour la cheffe du Département de l’éducation et de la famille, Monika Maire-Hefti, l’institution doit faire un tri dans ses prestations afin que les formations qu’elle propose soient autoporteuses. Pour l'heure, le CEFNA dispose de formations dans l’horlogerie, de directeur-trice de crèche, ainsi que des cours de français pour les migrants mineurs non-accompagnés.

Aux yeux de la conseillère d’Etat, il s’agit aussi d’offrir ce que les concurrents ne proposent pas. Le Conseil d’Etat planche actuellement sur un projet de loi dans le domaine de la formation pour adultes, qui se profile pour l’automne, visant à offrir une première formation à chaque citoyen. /sbe


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